friche s. f. (fri-ch')
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1Terrain non cultivé, soit de tout temps, soit par abandon.
Jusqu'à ce qu'étant abandonnées à cause de leur stérilité, elles [des terres épuisées] puissent reprendre, sous la forme de friche, les poussières de l'air et des eaux, le limon des rosées et des pluies, et les autres secours de la nature bienfaisante, qui toujours travaille à rétablir ce que l'homme ne cesse de détruire
Buffon, Min. t. II, p. 185, dans POUGENSLes friches qui se lèvent par grosses mottes et par quartiers
Buffon, Quadrup. t. I, p. 188
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En friche, dans l'état de non culture.
Les campagnes sont en friche et presque désertes
Fénelon, Tél. XIOn tire tout de la terre, on ne lui rend rien ; tout est en friche
Montesquieu, Esp. V, 14Que servent à un grand seigneur les domaines qu'il laisse en friche ?
VAUVENARGUES, Espr. humain, 28La famine qui désolait les campagnes fut une ressource pour la guerre ; ceux qui manquaient de pain se firent soldats ; beaucoup de terres restèrent en friche, mais on eut une armée
Voltaire, Louis XIV, 21
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Fig.
Abandonnée entièrement au soin que la tendresse maternelle voulait qu'elle eût de sa fille, elle laissait, pour ainsi parler, ses charmes en friche
LE SAGE, Estev. Gonz. ch. 18
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2S. m. Terme rural. Chiendent dont les longues racines envahissent le sol et sont très difficiles à extirper. Il y a du friche dans ce terrain.
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3Une friche, un emplacement où se tiennent les foires, où se font les fêtes des saints patrons d'une localité, etc.
- Mais Gautier, s'ennuyant de se voir inutile,Dit qu'il voulait montrer comme il était habile,Si tôt qu'il aurait su les agréables lieuxOù les comédiens font admirer leurs jeux ;Alors, sans différer, il courut sur les frichesPour voir en toutes parts s'il verrait des affiches l'Entrée de Gautier Garguille en l'autre monde, poëme satirique, 1635, réimprimé dans Chansons de Gautier Garguille, Paris, 1858, p. 235
Le 14 juillet, fête de sainte Claire, à Châteauneuf (Eure-et-Loir), il a passé une partie de la journée sur la friche
Gaz. des Trib. 31 déc. 1875, p. 1263, 1re col.
Étymologie
Bas-lat. friscum. Du Cange le tire de l'allemand frisch, frais, comme le latin novale, terre de labour, de novus, nouveau ; mais, objecte Diez, le mot devrait être fraiche. Grimm, approuvé par Diez, le fait venir de fractitium, champ auquel on a donné le labour pour la première fois, de fractum, briser ; cela a pu donner friez ou fractis ; mais comment friche ou friscum en ont-ils pu naître ? Il est probable que nous avons là deux mots, l'un friche, friscum, venant de frisch, comme le veut du Cange, et l'autre friez, fractis, venant de fractus, comme Diez le veut. Maury a proposé le gaélique frith, frithe, lieu en friche.