friper v. a. (fri-pé)
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1Chiffonner. Friper sa robe, son habit.
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2Gâter par usure. Cet enfant fripe ses hardes en peu de temps.
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3Familièrement. Dissiper en de folles ou vilaines dépenses. Cet homme a fripé tout son bien.
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4Populairement. Manger goulûment. Il aime à friper.
- Les dieux du liquide élément,Conviés chez un de leur troupe,Sur le point de friper la soupe,Seront saisis d'étonnement ST-AMANT, le Passage de Gibraltar, caprice héroï-comique, Œuvres, 1661, in-12, p. 421
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Fig.
- Ma muse, à la fin du souper,Fait un ragoût de tous vos restesQu'elle baille au temps à friper ST-AMANT, la Rome ridicule, Caprices, 1643, stances 57, p. 31
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Dérober, friponner.
Même j'étais si aveugle, qu'encore que j'en eusse trouvé la plupart [des vers] dans des comédies imprimées, dans la farce de Patelin et dans le roman de la Rose, d'où le pédant les avait fripés, je ne retranchais rien de la gloire que je lui donnais
Francion, liv. IV, p. 140
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5Se friper, v. réfl. Devenir chiffonné, usé. Cette étoffe se fripe en moins de rien.
Étymologie
L'islandais hripa, agir tumultuairement, déjà contesté dans le Dictionnaire à cause du sens, est rejeté par M. Bugge, Romania, n° 10, p. 148, pour une raison décisive, c'est que hripa est un mot non ancien, mais nouveau dans l'islandais, où il signifie écrire avec grande hâte, proprement avoir des trous par où l'eau coule abondamment, du primitif hrip, sorte de corbeille. Il n'y a donc rien de commun entre hripa et friper. Dans mon Dictionnaire, j'incline à tirer friper du vieux franç. frepe, ferpe, felpe, qui veut dire chiffon, mais non avec assez de décision. M. Bugge a cette décision, et il a raison.
Supplément
FRIPER. - HIST. Ajoutez : XIIIe s. (Defelipprées est composé de la préposition de, et d'un verbe felipprer, comme le témoigne feleprie, friperie. Felipprer est équivalent à friper).