Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

gate dans le Littré

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1gate ou gatte s. m. (ga-t') supplément

  1. Poisson, ainsi nommé à l'île d'Oléron, dit convreau et couvreau dans la Loire ; c'est la feinte, alosa finta, Cuvier.

    • Statistique des pêches maritimes, quartier de Libourne ; cette diminution porte principalement sur les espèces suivantes : saumons, aloses, gates, anguilles, Rev. marit. et colon. juill. 1874, p. 261

2gâté, ée part. passé (gâ-té, tée)

  1. 1Qui est ravagé. Le pays gâté par l'armée qui l'envahit.

  2. 2Par extension, mis en mauvais état, détérioré. Les chemins gâtés par l'ennemi qui se retirait.

    • Je veux leur ôter la peine de venir à Livry, dont les chemins sont déjà gâtés Mme de Sévigné, 13 oct. 1679
    • Comme si l'on pouvait obtenir un travail quelconque d'ouvriers exténués par la faim, par les marches ; de malheureux à qui le jour entier ne suffit pas pour trouver des vivres, pour les préparer, dont les forges sont abandonnées ou gâtées Ségur, Hist. de Nap. X, 2
    • Fig.

      • Ma résolution, madame, est qu'on les marie, et tout au plus vite, ils seront fort bien ensemble ; il n'y aura du moins qu'un ménage de gâté Dancourt, la Parisienne, sc. dern.
      • Vous voyez bien qu'il n'y a là qu'un ménage de gâté [il s'agit d'un homme marié qu'on voulait enfermer] Voltaire, Lett. Élie de Beaumont, 24 janv. 1770
      • Je viens de lire Manlius ; il y a de grandes beautés, mais elles sont plus historiques que tragiques, et, à tout prendre, cette pièce ne me paraît que la conjuration de Venise de l'abbé de Saint-Réal gâtée Voltaire, Lett. d'Argental, juill. 1751
    • Fig. Il n'y a rien de gâté, l'affaire n'est pas perdue, les choses peuvent se raccommoder.

      • Laissez-moi faire, il n'y a encore rien de gâté Marivaux, Serm. indisc. v, 2
    • En sens contraire, tout est gâté, tout est perdu.

  3. 3Blessé, meurtri.

    • Et vraisemblablement La Rappinière était gâté sans le vaillant défenseur que Dieu lui suscita Scarron, Rom. com I, 3
    • ....Voilà mon loup par terre, Mal en point, sanglant et gâté La Fontaine, Fabl. XII, 17
  4. 4Sali, couvert d'ordure.

  5. 5Altéré par la putréfaction. Viande gâtée. Fruits gâtés.

    • S. m. Le gâté, la partie gâtée. Ôtez le gâté de cette pomme, le reste est bon.

      • Fig.

        • Si mon livre vous avait généralement déplu, je l'aurais entièrement effacé ; mais, puisqu'il a quelques parties saines, j'ai cru qu'il me suffisait de retrancher le gâté pour vous obliger de souffrir le reste BALZAC, lett. 10, liv. VI
  6. 6Affecté d'une maladie qui vicie le sang, et, particulièrement, d'une maladie syphilitique.

    • Il vaut mieux que l'enfant suce le lait d'une nourrice en santé que d'une mère gâtée J.-J. Rousseau, Ém. I
    • J'achète cher un œuf frais, il est vieux ; un beau fruit, il est vert ; une fille, elle est gâtée J.-J. Rousseau, Conf. I
    • M. le maire prit à Christophe sa fille unique, et au bout de huit jours la lui rendit gâtée Paul-Louis Courier, Gazette du village.
  7. 7Atteint de quelque altération morale.

    • Un homme qui n'a pas l'esprit gâté n'a pas besoin qu'on lui prouve son franc-arbitre ; car il le sent Bossuet, Connaiss. I, 18
    • Il n'est point gâté de dix ans d'ambassade Mme de Sévigné, 10 janv. 1689
    • Les princes gâtés par la flatterie trouvent sec et austère tout ce qui est libre et ingénu Fénelon, Tél. XI
    • Tu aurais fait quelque autre faute ; car il fallait que tu en fisses, étant aussi gâté que tu l'étais par la mollesse, par l'orgueil, et par la haine des conseils sincères Fénelon, Dial. des morts anc. (Xercès et Léonidas).
    • À la nouvelle du départ de Napoléon, gâtés par l'habitude de n'être commandés que par le conquérant de l'Europe, n'étant plus soutenus par l'honneur de le servir, et dédaignant d'en garder un autre, ces vétérans [la vieille garde] s'ébranlèrent à leur tour et tombèrent dans le désordre Ségur, Hist. de Nap. XII, 1
    • Il se dit dans un sens analogue d'un siècle, d'une littérature, d'une langue. Un siècle malade et généralement gâté.

      • Et cependant, par l'influence d'une langue gâtée comme la littérature de leur temps, Augustin et Tertullien ne paraissent souvent que des génies sans goût et d'éloquents barbares VILLEMAIN, Dict. de l'Acad. préface, p. X
  8. 8Qui est en butte à des complaisances excessives, à des flatteries, etc. Une femme gâtée par son mari.

    • Enfant gâté, enfant que ses parents gâtent par une trop grande indulgence.

      • C'est une fille unique.... fille gâtée Mme de Maintenon, Lett. à M. d'Aubigné, 28 février 1678
    • Gâté des hommes, de la fortune, se dit de celui qui a eu toutes sortes d'avantages.

      • C'était bien, comme on le disait, un vieil enfant gâté de la fortune Marmontel, Mém. IV
    • On dit aussi en parlant d'un homme : C'est l'enfant gâté des dames.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander