1gaîté s. f. (ghé-té)
-
Voy. GAIETÉ.
Voy. GAIETÉ.
1Belle humeur.
Quelques pages plus loin, vous retrouverez la vivacité impétueuse de Lovelace, son incorrigible folie, et cette gaîté non plus du vice, mais du remords qui cherche à s'étourdirVILLEMAIN, Litt. fr. XVIIIe siècle, 1re leçon.
Avoir de la gaieté dans le style, écrire d'une manière agréable et enjouée.
Vivacité de belle humeur franche et communicative.
Les hommes mêmes n'ont pas en Perse la gaieté qu'ont les FrançaisMontesquieu, Lett. pers. 34
Le vrai caractère de la gaieté italienne, ce n'est pas la moquerie, c'est l'imaginationMme de Staël, Corinne, VII, 2
Cette gaieté qui ne tenait en rien à la moquerie, mais seulement à la vivacité de l'esprit, à la fraîcheur de l'imaginationMme de Staël, ib. II, 2
Pointe de vin. On commençait à être en gaieté.
Ce cheval a de la gaieté, il a de la vivacité.
On dit aussi : ce cheval est gai.
2Paroles, actions gaies, folâtres.
Ce sont des jeux de mains et des gaietés incroyablesMme de Sévigné, 264
Cent escapades aussi fortes passèrent pour des gaietés et des gentillesses agréablesSaint-Simon, 259, 219
Une gaieté, petite pièce de théâtre ou autre, destinée à faire rire.
Une petite gaieté qu'il s'était permise au théâtre de Fontainebleau, en y tournant en ridicule, dans un prologue de sa façon, les gentilshommes de la chambre, les lui avait aliénésMarmontel, Mém. VI
3De gaieté de cœur, loc adv. De propos délibéré et sans sujet.
Les personnes qui écrivent de gaieté de cœur et seulement pour dire des gentillesses, ne sont pas excusables de ne m'avoir pas fait cet honneur [de ne m'avoir pas écrit]Voiture, Lett. 19
Il m'attaque de gaieté de cœur pour se faire connaître de quelque façon que ce soitMolière, l'Impromptu, 3
C'est une licence que prennent messieurs les poëtes de mentir de gaieté de cœurMolière, Comtesse d'Esc. 1
Troubler de gaieté de cœur la fortune d'une personneMme de Sévigné, 384
Les juges du chevalier de la Barre ont été des monstres sanguinaires de gaieté de cœurVoltaire, Roi de Prusse, 268
Celui qui va se battre de gaieté de cœurJ.-J. Rousseau, Hél. I, 57
Leur ineptie, comme le dit très bien Votre Majesté, fera gagner aux Allemands et aux Hollandais l'argent que la France perdra de gaieté de cœurD'Alembert, Lett. au roi de Pr. 16 fév. 1782
Gai ; provenç. gayeza ; anc. cat. gaeza ; ital. gaiezza.
GAIETÉ. - HIST. Ajoutez : XIIe s.i (On voit par là que ce mot, qui, dans l'historique, n'a des exemples que du XVIe siècle, remonte aux plus anciens temps de la langue.) XIIIe s.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander