gausser (se) v. réfl. (gô-sé)
-
1Terme familier. Se railler.
- Et nous voyons que d'un homme on se gausse,Quand sa femme chez lui porte le haut-de-chausse Molière, Femm. sav. v, 3
Oui, pour se gausser des uns et des autres, il invente je ne sais combien de sottises qui font rire
Dancourt, la Gazette, sc. 18
-
Absolument.
-
2V. n.
Pierre s'arrête, rit, et en gaussant me dit : La voilà bonne ton herbe ! [sur laquelle passait une compagnie de chasseurs]
Paul-Louis Courier, Gazette du village.
-
Activement.
- J'enrageais quand je vis cent hommes me gausser POISSON, Bar. de la Crasse, sc. 2
-
3Gausser quelqu'un de quelque chose, se moquer de lui en raison de quelque chose.
Tu [Molière] briguas chez Bary le quatrième emploi ; Bary t'en refusa, tu t'en plaignis à moi ; Et je m'en souviens bien, qu'en ce temps-là mes frères T'en gaussoient, t'appelant le mangeur de vipères
Élomire
Remarque
Les écoliers prononcent gosser, le font neutre et lui donnent le sens de dire des bourdes.
Étymologie
Origine incertaine. Frisch y voit l'italien gavazzare, babiller ; Diez, l'espagnol gozarse, se réjouir. On peut songer à une forme gavisare, tirée du latin gavisum, supin de gaudere.