1glèbe s. f. (glè-b')
-
1Terme de féodalité. Fonds de terre avec ses serfs et ses droits.
Par là les héritières des branches aînées mettaient les cadets mâles hors d'état de recueillir une glèbe
Saint-Simon, 297, 74L'esclavage de la glèbe s'établissait quelquefois après une conquête
Montesquieu, Esp. XIII, 13Le Bourguignon [Burgunde], qui faisait paître des troupeaux, avait besoin de beaucoup de terre et de peu de serfs ; et le grand travail de la culture de la terre exigeait que le Romain eût moins de glèbe et un plus grand nombre de serfs
Montesquieu, ib. XXX, 9- Mon fermier.... Dénigrait la glèbe et la taille Béranger, Prétint.
-
Droits de glèbe, droits annexés à la glèbe, ceux qui étaient attachés à la possession de la terre.
-
Attaché à la glèbe, se disait de celui qui ne pouvait quitter la glèbe, qui changeait de propriétaire quand la terre en changeait.
-
2Dans le style élevé. Le champ qu'on travaille.
- La nature, qui parle, et que ta fierté brave,Aura-t-elle à la glèbe attaché les humains,Comme les vils troupeaux mugissants sous nos mains ? Voltaire, Scythes, IV, 2
Que de gens adorent l'argile qu'ils ont pétrie ! combien d'autres sont amoureux de la glèbe qu'ils ont remuée !
Buffon, Disc. anim. Œuv. t. v, p. 357, dans POUGENSL'homme qui cultivait la terre s'attachait à la glèbe par les soins qu'il lui donnait et s'en éloignait avec désespoir
Raynal, Hist. phil. v, 9L'homme rustique sent son âme s'ouvrir aux influences de la religion, et sa glèbe aux rosées du ciel
Chateaubriand, Génie, IV, I, 7Le vilain acquiert le sol, et n'en demande pas davantage, content de posséder la glèbe à laquelle il fut attaché, il la fait valoir à sa mode, c'est-à-dire par le travail ; or, plus la glèbe est divisée, plus elle s'améliore et prospère
Paul-Louis Courier, Lett. V
-
3Motte de terre. Écraser les glèbes.
-
4Terre où l'on trouve du minerai.
Étymologie
Provenç. gleba, gleza ; espagn. et ital. gleba ; du lat. gleba, motte de terre, qui se rapproche de globus, globe, et a même sens et même origine.