Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

glaive dans le Littré

1 article· 16 citations· rimes· synonymes

glaive s. m. (glê-v')

  1. 1Épée tranchante (usité surtout en poésie et dans le style soutenu).

  2. 2La guerre, les combats. Le glaive peut seul décider entre ces deux rivaux.

  3. 3Le droit de vie et de mort. Le souverain a la puissance du glaive. Le glaive des lois. Le glaive de la vengeance. Le glaive temporel, la justice séculière.

    • Contre qui s'armer, contre qui tirer le glaive de la justice ? PATRU, Plaid. 7
    • Puisqu'il permet l'exercice de la puissance du glaive dans les matières de la religion et de la conscience Bossuet, Var. X, § 56
    • Qu'à la fureur du glaive on le livre avec elle Racine, Athal. V, 6
    • Le meurtre de Calas, commis dans Toulouse avec le glaive de la justice le 9 mars 1762, est un des plus singuliers événements qui méritent l'attention de notre âge et de la postérité Voltaire, Polit. et législ. Tolér. Hist. de la mort de Calas.
    • Anciennement. Droit de glaive, droit de connaître des crimes qui méritent la peine de mort, ou une autre peine afflictive.

  4. 4Le glaive spirituel, la juridiction de l'Église, le pouvoir qu'a l'Église d'excommunier.

    • Qu'elle est forte cette Église, et que redoutable est le glaive que le Fils de Dieu lui a mis dans la main ! mais c'est un glaive spirituel dont les superbes et les incrédules ne ressentent pas le double tranchant Bossuet, le Tellier.
    • En un autre sens.

      • Le feu est allumé, l'encens est prêt, le glaive est tiré ; le glaive est la parole qui sépare l'âme d'avec elle-même, pour l'attacher uniquement à son Dieu Bossuet, la Vallière.
  5. 5Le glaive de la parole, le pouvoir de l'éloquence.

    • Ce n'est pas ma faute si sa parole [de J. J. Rousseau], puissante comme le glaive et comme le feu, agitait les âmes de ses contemporains VILLEMAIN, Littér. fr. 18e s. 2e partie, 2e leçon.
    • D'un autre Sinaï fais flamboyer la cime, Retrempe au feu du ciel la parole sublime, Ce glaive de l'esprit émoussé par le temps Lamartine, Harm. IV, 12
  6. 6Terme d'antiquité romaine. La profession de gladiateur. Condamner au glaive.

  7. 7Terme du moyen âge. Lance.

    • Glaive courtois, lance sans fer tranchant.

      • Le traité des chevaliers de la Table ronde dit que les chevaliers ne portaient nulles épées, fors glaives courtois, qui étaient de sapin ou d'if, avec courts fers, sans être tranchants ni émoulus DU CANGE, sur Joinville, p. 169, dans LACURNE
  8. 8L'espadon, poisson.

Étymologie

Provenç. glai, glay, glavi, glazi ; portug. glavio ; ital. gladio ; du latin gladius. Glaive avait généralement le sens de lance, comme étant l'arme par excellence des chevaliers, et, figurément, le sens de carnage.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander