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un seul est le mot juste.

glaner dans le Littré

1 article· 9 citations· rimes· synonymes· conjugaison

glaner v. a. (gla-né)

  1. 1Recueillir dans les champs les épis échappés au moissonneur. Glaner les épis après la moisson faite.

    • On dit dans le même sens glaner un champ. Dans l'Ancien Testament, Dieu défend aux propriétaires de glaner leurs champs.

    • Par extension.

      • Voilà l'enfant des chaumières Qui glane sur les bruyères Le bois tombé des forêts Lamartine, Harm. II, 1
    • Absolument.

      • Booz dit à Ruth : Écoutez, ma fille, n'allez point dans un autre champ pour glaner, et ne sortez point de ce lieu Saci, Bible, Ruth, II, 8
  2. 2Fig. Recueillir le peu qui a été laissé ou négligé par d'autres, en parlant de profits.

    • Ces nations [Anglais, Français] n'ont fait que glaner après les riches moissons [en Amérique] des Espagnols Voltaire, Mœurs, 149
  3. 3Fig. Il se dit en un sens analogue des choses d'esprit. Cette époque a été bien étudiée ; à peine y pourrait-on glaner quelques faits.

    • Absolument.

      • Mais ce champ ne se peut tellement moissonner,Que les derniers venus n'y trouvent à glaner La Fontaine, Fabl. III, 1
      • Tout est dit.... depuis six mille ans qu'il y a des hommes, et qui pensent.... l'on ne fait plus que glaner après les anciens La Bruyère, I
      • Les anecdotes sont un champ resserré où l'on glane après la vaste moisson de l'histoire Voltaire, Louis XIV, 25
      • L'ouvrage de Sénèque est un champ où l'on trouve toujours à glaner Diderot, Règne de Claude et Nér. II, 3

Étymologie

Génev. gléner, glainer ; picard, glainer ; Berry, glainer, glener ; provenç. grenar, dans Gramm. de Faidit, publiée par GUESSARD, 2e éd. p. 31 ; bas-lat. glenare (si quis in messem alienam glenaverit, texte de la fin du VIe siècle). Diez note l'étymologie indiquée par Leibnitz : kimry, glain, glân, net ; à quoi il ajoute le scandinave glana, éclaircir ; de sorte que glaner serait proprement nettoyer. Cela est possible sans être très satisfaisant ; il ne faut donc pas perdre de vue le bas-latin geliba, gelima, gelina, gerbe, poignée ; anglo-saxon, gelm, gilm, poignée. Ici le sens est satisfaisant, et les variations de la consonne laissent jour à la transformation. Il reste donc de l'incertitude entre une étymologie bonne pour la forme, moins bonne pour le sens ; une autre bonne pour le sens et moins bonne pour la forme. Le provençal grenar paraît être une forme accidentelle, et ne se rattacher en rien à granum, grain.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander