Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

goûter dans le Littré

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1goûter v. a. (goû-té)

  1. 1Sentir par le sens du goût ce qui est savoureux. Il goûte ce qu'il mange.

    • Absolument. Il avale sans goûter.

      • Se dit aussi des choses dont on ne juge que par l'odorat. Goûtez ce tabac.

  2. 2Vérifier la saveur d'une chose, en mettant dans la bouche une petite quantité de cette chose. Le cuisinier n'a pas goûté cette sauce.

  3. 3Fig. Approuver, trouver bon et agréable.

    • Terme de manége. Goûter la bride, se dit du cheval qui s'accoutume aux effets du mors.

  4. 4Faire cas de, avoir du goût pour, en parlant des personnes.

    • Je n'ai pas douté que ce prédicateur ne fût goûté Bossuet, Lett. abb. 120
    • C'est un avantage rare à un savant d'être goûté par un prince, et, pour tout dire aussi, c'est un avantage rare à un prince de goûter un savant Fontenelle, La Hire.
    • Plus M. Fagon vit Mme de Maintenon de près, plus il admira sa vertu et goûta son esprit Mme DE CAYLUS, Souven. p. 76, dans POUGENS
    • Louis XIV goûta le caractère de l'abbé Fleury MAIRAN, Élog. du card. Fleury.
    • Votre frère entre nous goûte fort cette veuve BOISSY, Deh. tromp. I, 1
    • Terme de dévotion. Goûter Dieu, servir Dieu avec amour.

      • Ils [les actes réduits en formule] ont leur utilité dans ceux qui commencent à goûter Dieu Bossuet, Ét. d'orais. v, 23
  5. 5Sentir avec plaisir, jouir de.

  6. 6V. n. Boire ou manger quelque peu d'une chose dont on n'a pas encore bu ou mangé. Quand voulez-vous goûter à notre vin ? Cette volaille est excellente ; goûtez-y.

    • Il se dit aussi des choses dont on ne juge que par l'odorat. J'ai goûté à votre tabac.

    • Fig. Essayer, tâter, faire l'épreuve de.

      • Tibère lui dit : Et toi, Galba, tu goûteras un jour de l'empire PERROT D'ABLANCOURT, Tacite, Annales, VI, 11
      • Tout ce que peuvent faire ces misérables amoureux des grandeurs humaines, c'est de goûter tellement de la vie qu'ils ne songent point à la mort Bossuet, Gornay.
      • Vous aimez la joie, le repos, le plaisir ; croyez-moi, j'ai goûté de tous, il n'y a de joie, de repos, de plaisir qu'à servir Dieu Mme de Maintenon, Avis à la duch. de Bourg. Lett. t. III, p. 202, dans POUGENS.
      • Il n'eut pas plus tôt entendu les discours de ce philosophe, et goûté de cette philosophie qui mène à la vertu, qu'il sentit son âme enflammée d'amour pour elle Rollin, Traité des Ét. liv. v, 3e part. ch. 2
    • Dans le style biblique, goûter de la mort, mourir.

      • Élie et Énoch sont deux personnages bien importants dans l'antiquité ; ils sont tous deux les seuls qui n'aient point goûté de la mort, et qui aient été transportés hors du monde Voltaire, Dict. phil. Élie et Énoch.
  7. 7Se goûter, v. réfl. Avoir du goût l'un pour l'autre.

    • Les hommes ne se goûtent qu'à peine les uns les autres, n'ont qu'une faible pente à s'approuver réciproquement La Bruyère, XII
    • Dès nos premières entrevues, nous voir, nous goûter, nous chérir, désirer de nous voir encore, en fut l'effet simultané Marmontel, Mém. X
    • Se goûter soi-même, avoir du goût pour soi-même, se laisser aller à l'amour-propre.

      • Combien Calvin se goûtait-il lui-même quand il élève si haut sa frugalité, ses continuels travaux ! Bossuet, Var. IX
    • Être goûté. Le vin se goûte mieux quand on mange.

Étymologie

Norm. gouté, et aussi goutu, savoureux : voilà un fruit bien goûté ; provenç. et portug. gostar ; espagn. gustar ; ital. gustare ; du latin gustare (voy. GOÛT).

2goûter v. n. (goû-té)

  1. Faire un léger repas entre le dîner et le souper, ou entre le déjeuner et le dîner.

    • On goûtait dans un cabaret hors la ville J.-J. Rousseau, Confess. VI
    • Apportez à goûter à ces enfants, façon de parler bourgeoise DE CAILLIÈRES, 1690
    • Goûter n'a plus rien que le purisme condamne.

Étymologie

C'est goûter 1 pris absolument pour manger un peu. On trouve estre gousté pour avoir mangé : XIVe s.

3goûter s. m. (goû-té ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des goû-té-z excellents)

  1. Léger repas qu'on fait entre le dîner et le souper, ou le déjeuner et le dîner.

    • Des jouets, des bonbons, son goûter J.-J. Rousseau, Em. II
    • C'est près de là qu'est située cette petite métairie de Saint-Thomas, où je lisais Virgile à l'ombre des arbres fleuris qui entouraient vos ruches d'abeilles, et où je faisais de leur miel des goûters si délicieux Marmontel, Mém. I
    • Donnez-lui des confitures pour son goûter, façon de parler bourgeoise DE CAILLIÈRES, 1690
    • Goûter n'a plus rien de bourgeois.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander