gond s. m. (gon ; le d ne se lie pas ; au pluriel, l's se lie : les gon-z et les portes)
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Morceau de fer coudé, rond par la partie d'en haut, sur lequel tournent les pentures d'une porte. Sceller les gonds d'une porte.
Les gonds des portes de la maison intérieure du saint des saints, et des portes de la maison du temple étaient d'or
Saci, Bible, Rois, III, VII, 50
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Fig.
Secoués de leurs gonds antiques, Les empires, les républiques S'écroulent en débris épars
Lamartine, Méd. I, 19
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Fig. Faire sortir, mettre quelqu'un hors des gonds, exciter sa colère, sa crainte, son impatience, au point qu'il ne soit plus maître de lui.
- Ha ! je vais sortir hors des gonds,La fureur saisit ma cervelle Scarron, Virg. IV
Qui ne sait que la vue de chats, de rats, emporte la raison hors des gonds ?
Pascal, Puiss. tromp. imagin. 1, édit. FAUGÈRE.Monsieur, hors des gonds, dit au roi qu'en mariant son fils il lui avait promis monts et merveilles
Saint-Simon, 93, 220J'en dirai un trait [de dévotion outrée du duc de Bourgogne] qui, parti d'un excellent principe, mit le roi hors des gonds
Saint-Simon, 266, 80
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On dit aussi sortir des gonds.
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Gonds de pierre, certaines pierres extraordinaires qui se trouvent dans la plaine de Salisbury.
Étymologie
Lorrain, angon ; provenc. gofo, gofon ; espagn. gonce, gozne ; portug. gonzo, engonzo. Origine incertaine. Diez voit là trois radicaux : il rattache le portugais au latin contus, pieu (mais ni le sens ni la forme ne vont) ; le provençal au bas-latin gumphus, attache, qui est le grec γόμφος, clou ; et le français gond au lorrain angon, où il voit le latin ancon, coude, crochet, en grec ἀγϰων. Cela est bien compliqué. Le lorrain angon est fait comme le portugais engonzo ; an ou en représente la préposition in, en ; il ne diffère donc pas du français gond. Gonzo, gonce ou gozne et gond ne paraissent pas séparables. Mais d'où viennent-ils ? Très probablement, comme dit du Cange, du bas-latin gumphus, mot très usité pour signifier tout ce qui attache, et qui est le grec γόμφος, clou.