Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

grimoire dans le Littré

1 article· 7 citations· rimes· synonymes

grimoire s. m. (gri-moi-r')

  1. 1Livre des sorciers pour évoquer les démons, etc.

    • Ne soupçonnes-tu point qu'agité du démon Ainsi que ce cousin des quatre fils Aimon Dont tu lis quelquefois la merveilleuse histoire, Je rumine en marchant quelque endroit du grimoire ? Boileau, Ép. X
    • Il y eut des livres où les mystères des sorciers étaient écrits ; j'en ai vu un à la tête duquel on avait dessiné assez mal un bouc et une femme à genoux derrière lui ; on appelait ces livres grimoires en France, et ailleurs l'alphabet du diable Voltaire, Dict. phil. Bouc.
    • Au peuple en butte à nos larcins,Tout grimoire En peut faire accroire Béranger, Bohémiens.
    • Fig. Savoir le grimoire, entendre le grimoire, être habile dans les choses dont on se mêle.

  2. 2Fig. et familièrement. Discours obscur, écriture difficile à lire.

Remarque

Il a été féminin :

Étymologie

Diez pense que ce mot vient de l'anc. h. allem. grîma, spectre. Mais la forme ancienne du mot, qui est gramaire, gramare, ne le rapproche pas de grîma. Génin y voit une variété du mot grammaire, la grammaire ayant été prise pour un livre de science occulte dans lequel on lisait pour évoquer le diable. Scheler y trouve un radical grimer, signifiant griffonner ; mais, comme pour grîma, le thème est gramare et non grimoire ; grimoire n'apparaît qu'au XVIe siècle, ayant passé par gramoire. En conséquence, il vaut mieux suivre la forme et tirer gramare du bas-latin gramma, lettre ; de lettre, on peut passer au sens de grimoire. Gramma est le grec γράμμα, de γράφειν, écrire ; et gramare représenterait grammarium. L'anc. anglais a dit glamour, tiré du français.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander