Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

gronder dans le Littré

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gronder v. n. (gron-dé)

  1. 1Faire entendre une voix sourde et menaçante, en parlant des animaux. Le chien se mit à gronder.

  2. 2Par extension, murmurer, se plaindre entre ses dents, en parlant des hommes.

    • Activement.

      • Grondant quelques paroles Régnier, Sat. x.
      • Souvenez-vous bien de venir avec cet air qu'on nomme le bel air, peignant votre perruque, et grondant une petite chanson entre vos dents, la, la, la, la Molière, Impr. sc. 3
  3. 3Faire un bruit sourd, en parlant des choses.

    • Fig.

      • Durant ces troubles [les guerres des Hussites], des gens de métier qui commençaient à gronder dès le règne précédent, se mirent plus que jamais à parler entre eux de la réforme de l'Église Bossuet, Var. XI, 173
      • Dès qu'on ouït gronder l'orage qui vient de fondre sur l'Empire et la Hongrie, n'ajouta-t-elle pas à ses dévotions ordinaires une heure d'oraison par jour ? Fléchier, Mar.-Thér.
  4. 4V. a. Réprimander avec quelque humeur dans le ton, dans les paroles.

    • Hé, ma fille, comme vous voilà faite ! Mme de la Fayette vous grondera comme un chien : coiffez-vous demain pour l'amour de moi Mme de Sévigné, 124
    • Je repassai chez Mme de Coulanges ; on me gronde de m'en revenir Mme de Sévigné, 307
    • Une mère qui l'observe, qui la gronde, qui croit la bien élever en ne lui pardonnant rien Fénelon, Éduc. filles, chap. 2
    • Je vous ai toujours aimé, et ne vous ai jamais manqué ; je suis en droit, par mon amitié, de vous gronder vivement, de vous reprocher votre humeur avec moi Voltaire, Lett. Maupertuis, 28 mai 1741
    • J'aime mieux gronder mes jardiniers que de faire ma cour aux rois Voltaire, Lett. Thiriot, 9 août 1756
    • Absolument.

      • Cependant laisse ici gronder quelques censeurs Boileau, Épît. VII
      • Dites-leur combien il y a de petitesse d'esprit et de bassesse à gronder pour un potage mal assaisonné, pour un rideau mal plissé, pour une chaise trop haute ou trop basse Fénelon, Éduc. filles, chap. 11
  5. 5Se gronder, v. réfl. Se faire à soi-même une réprimande.

    • Je me gronde bien de ma paresse, mon cher et aimable ami ; mais j'ai été si indignement occupé de prose depuis un mois, que j'osais à peine vous parler de vers VOLTAIRE, Lett. Helvétius, 20 juin 1741
    • Laissez-le seul, il se gronde lui-même Delille, Conversation, II
    • Se gronder, se gronder l'un l'autre. Ils sont toujours à se quereller, à se gronder.

Étymologie

Provenç. grondir ; du lat. grundire, forme parallèle à grunnire, grogner.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander