Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

gué dans le Littré

1 article· 6 citations· rimes· synonymes

gué s. m. (ghé)

  1. 1Endroit d'une rivière où l'eau est si basse qu'on peut la passer en marchant.

    • On passe tous les jours à gué notre rivière de Seine Mme de Sévigné, 297
    • Il [Théodose] faisait chercher des gués et faire des ponts avec une diligence incroyable Fléchier, Hist. de Théodose, III, 94
    • On traversait les cours d'eau à des gués bientôt gâtés ; les régiments qui venaient ensuite passaient où ils pouvaient ; on s'en inquiétait peu ; l'état-major général négligeait ces détails Ségur, Hist. de Nap. VI, 2
    • Ce n'était qu'un gros ruisseau ; deux arbres, autant de chevalets, et quelques planches suffisaient pour en assurer le passage ; mais le désordre était tel, et l'incurie si grande, que l'empereur y fut arrêté ; on y noya plusieurs canons qu'on voulut faire passer au gué Ségur, ib. IX, 7
    • Fig. Sonder le gué, voir, avant de s'engager dans une affaire, s'il n'y a point de risque, pressentir les dispositions des personnes.

      • M. le maréchal de Schomberg, ayant voulu sonder le gué, n'y trouva aucun jour Retz, I, 57
  2. 2Gué de Jacob, endroit où, suivant la tradition, Jacob passa le Jourdain à gué en revenant de la Mésopotamie.

    • Il [Jacob] prit ses deux femmes et leurs deux servantes avec ses onze fils, et passa le gué de Jacob Saci, Bible, Genèse, XXXII, 22
    • Forteresse du gué de Jacob, château que Baudoin fit bâtir en 1178 pour maintenir les Arabes ; il fut détruit par Saladin.

Étymologie

Norm. vé ou vey, nom des estuaires ; wallon, wé ; provenç. ga, gah, gua ; anc. catal. guau ; catal. mod. gual ; espagn. vado ; portug. vão ; ital. guado ; du lat. vadum, avec influence du germanique wat, gué ; vădum se rattache à vādere comme dŭcem à dūcere ; c'est le sanscrit gādha, de , aller.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander