guéret s. m. (ghé-rè ; le t ne se lie pas dans le langage ordinaire ; au pluriel, l's se lie : des ghé-rè-z étendus ; guérets rime avec traits, succès, paix, etc.)
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1Terre labourée et non ensemencée.
Le rasement des bâtiments [de Port-Royal], le violement des sépulcres, la profanation de ce lieu saint réduit en guéret, excitèrent l'indignation publique
Saint-Simon, 415, 221- J'aime un gros bœuf dont le pas lent et lourd,En sillonnant un arpent dans un jour,Forme un guéret où mes épis vont naître Voltaire, Pauvre Diable
Il y a des gens dont la récolte ne craint ni temps ni grêle, et ce ne sont pas ceux qui, versant, labourant, font le meilleur guéret, mais qui, ayant une place, ne font rien ou font la cour
Paul-Louis Courier, Gazette du village
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Lever ou relever les guérets, labourer une terre qu'on a laissée se reposer pendant un an.
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2En langage agricole, ancien guéret, la partie non labourée d'un champ qu'on est en train de labourer. Ainsi, la charrue versant à droite, le laboureur a l'ancien guéret à sa gauche, la gauche est le côté de l'ancien guéret.
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3Poétiquement. Toutes terres labourables.
La victoire balança ; Plus d'un guéret s'engraissa Du sang de plus d'une bande
La Fontaine, Fabl. IV, 6Cérès s'enfuit éplorée De voir en proie à Borée Ses guérets d'épis chargés
Boileau, Odes, I
Étymologie
Berry. garet, guaret, guéret, et guéret, labour, façon ; norm. varet ; provenç. garag, garah ; esp. barbecho ; port. barbeito ; du lat. vervactum, jachère. Vervactum est manifestement représenté dans barbecho, barbeito ; il l'est aussi, bien que d'une manière plus cachée, dans guéret, garag : le gu ou g est pour v, comme cela se voit dans gaine de vagina, gui de viscum, etc ; et le reste s'explique par la chute du v intermédiaire, qui est tombé comme beaucoup de consonnes intermédiaires (voy. meür de maturus, seoir de sedere). Vervactum est le participe passif de vervagere, guéreter.