guet s. m. (ghè ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire)
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1Action par laquelle on observe, on épie ce qui se passe, ce qui se fait. Le guet dura longtemps. Le guet pendant une nuit obscure.
Fais bon guet
Corneille, Illus. com. IV, 2Une compagne y devait faire Le guet autour de nos amants
La Fontaine, Nic.- Tu fais le guet pour eux et les laisses surprendre Thomas Corneille, Baron d'Albikrac, III, 1
Je vais faire le guet ; Qu'il est doux de garder ce qu'on aime !
FAVART, Cherch. d'esprit, 16
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Fig.
Un savantas.... qui veut rentrer à toute force dans la conversation, et qui est toujours au guet pour prendre au bond l'occasion de se remettre en danse
Mme de Sévigné, 511- Il n'est point de moment où l'on ne soit au guetPour y mettre à profit les faux pas qu'on y fait BOURSAULT, Ésope à la cour, IV, 2
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Avoir l'œil, l'oreille au guet, regarder, écouter attentivement ce qui se passe.
- A l'œil toujours au guet pour des tours de souplesse Régnier, Sat. V
Tout le jour il avait l'œil au guet....
La Fontaine, Fabl. VIII, 2Aie aussi l'œil au guet, Nérine, et prends bien garde qu'il ne vienne personne
Molière, M. de Pourc. 13
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2Il se dit de quelques animaux. Le chat est au guet. Ce chien est de très bon guet.
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3Particulièrement. Surveillance exercée pendant la nuit dans une place de guerre pour se défendre des surprises, dans une ville pour y veiller au bon ordre (acception qui a vieilli). Dans cette ville ce sont les bourgeois qui font le guet.
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Anciennement, guet de mer, obligation de monter la garde sur les côtes.
Les habitants des paroisses sujettes au guet de mer,
Ordonn. août 1681, IV, 6, 6
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Terme de féodalité. Garde et guet, droit qui obligeait les vassaux à faire le guet dans le château, et qui fut changé en une redevance en argent.
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4Troupe chargée de la surveillance pendant la nuit dans une ville.
- Ils contrefont le guet et de voix magistrale :Ouvrez de par le roi ! tout de bon le guet vint Régnier, Sat. X
- Sur la bonne foi seule on vit en assurance,Et le guet ne fait point le calme de nos bois CHAUL., Stances sur la retraite.
On ne bat plus le guet à Paris, on ne casse plus de lanternes
Dancourt, Impromptu de Surênes, sc. 6Te voilà pris comme un sot ; le guet à cheval est à la grande porte, et le guet à pied à celle de derrière ; regarde par où tu veux sortir
Dancourt, la Femme d'intrigues, V, sc. dern.On voit par les registres du parlement que le guet de cette ville [Paris] était réduit alors à quarante-cinq hommes mal payés et qui même ne servaient pas
Voltaire, Louis XIV, 2
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Chevalier du guet, chef de la compagnie du guet ; commandant des archers du guet.
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Mot du guet, mot donné a ceux qui sont du guet pour qu'ils puissent se reconnaître, et, en général, mot convenu entre certaines gens pour se reconnaître.
Gardez-vous sur votre vie D'ouvrir que l'on ne vous die Pour enseigne et mot du guet : Foin du loup et de sa race
La Fontaine, Fabl. IV, 15
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fig. Familièrement. Ils se sont donné le mot du guet, c'est-à-dire ils sont d'intelligence.
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5Se disait autrefois d'un soldat placé en sentinelle pour faire le guet. Asseoir le guet. Poser le guet.
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Guet chez le roi, signifiait le détachement des gardes du corps qui demeurait, la nuit, près de la personne du roi pour le garder.
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Étymologie
Provenç. gach, guach, gag, gayt, s. m, gaita, gacha, s. f. ; du germanique : anc. h. allem. wahta ; allem. mod. Wacht, guet, garde.