hérisser v. a. (hé-ri-sé)
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1Dresser, en parlant du poil, des plumes ou des cheveux.
J'ai donc vu ce sanglier qui, par nos gens chassé, Avait d'un air affreux tout son poil hérissé
Molière, Princ. d'Él. I, 2Comme un coursier indompté hérisse ses crins
J.-J. Rousseau, Orig. 2Inventer ... Ce n'est pas sur le front d'une nymphe brillante Hérisser d'un lion la crinière sanglante
André Chénier, Invention.
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2Par extension, il se dit de choses aiguës, saillantes, dressées, qui couvrent, qui garnissent. Des roches aiguës hérissent les flancs de la montagne.
- Le chardon importun hérissa les guérets Boileau, Épît. III
Parmi les forêts Qui des monts de l'Arven hérissent les sommets
Ducis, Oscar, II, 2
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3Hérisser de garnir de choses considérées comme aiguës, pointues. Hérisser de pieux un bastion.
- Il hérisse les monts de hautes pyramides ROUCHER, les Mois.
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Fig. Hérisser son style de termes nouveaux.
La prose la [la pointe] reçut aussi bien que les vers ; L'avocat au palais en hérissa son style
Boileau, Art p. II
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4Terme de construction, voy. HÉRISSONNER.
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5V. n. Devenir hérissé.
Les cheveux lui hérissèrent à la tête
Dict. de l'Acad.
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6Se hérisser, v. réfl. Dresser son poil, ses plumes. Ce coq est furieux, il se hérisse.
Un mâtin qui connaît ses forces se hérisse, s'indigne, l'attaque avec courage [le loup], tâche de le mettre en fuite, et fait tous ses efforts pour se délivrer d'une présence qui lui est odieuse
Buffon, Quadrup. t. II, p, 188
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Il se dit des cheveux, du poil, des plumes qui se dressent.
- Des coursiers attentifs le crin s'est hérissé Racine, Phèdre, V, 6
- Vous baissez vos regards, vos cheveux se hérissent Voltaire, Orph. I, 5
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Fig. Se fâcher, se montrer opposé à.
Mlle de Rambouillet et Mlle Paulet s'en hérissèrent toutes et en rugirent horriblement, et proposèrent à l'heure même d'aller piller notre logis
Voiture, Œuvres, t. II, p. 225Chamillart en parla [du mariage de son fils] à Mme de Maintenon, qui d'abord se hérissa et qui en éloigna le roi
Saint-Simon, 190, 45Vous sentez que je veux faire de Mme d'Argenton le bouc émissaire de l'ancienne loi, et vous, vous vous en hérissez comme d'une proposition qui vous flétrirait
Saint-Simon, 252, 128
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7Devenir couvert de choses aiguës. Ces champs incultes se hérissent d'épines. Les troupes arrivèrent et les rues se hérissèrent de baïonnettes.
Étymologie
Voy. HÉRISSON ; provenç. erissar, hirissar ; espagn. erisar ; portug. erriçar ; ital. arriciare.