hôte, esse s. m. et f. (ô-t', tè-s')
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1Celui, celle qui reçoit et traite quelqu'un sans rétribution, qui lui donne l'hospitalité, par humanité, par amitié, par bienveillance. Nous remerciâmes notre hôte de l'accueil qu'il nous avait fait.
- Mon hôte, maintenant que, sous tes nobles toits,De l'importun besoin j'ai calmé les abois André Chénier, Idyll. le Mendiant.
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Il s'est dit des paysans ou bourgeois qui étaient contraints de loger les soldats, les officiers du roi.
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Fig.
- Tous autres nœuds brisés,Seul hôte de toi-même et maître de la place Corneille, Imit. II, 8
- Et que peu de beaux corps, hôtes d'une belle âme,Assemblent l'un et l'autre point La Fontaine, Fabl. VII, 2
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2Celui, celle qu'on reçoit et qu'on traite bien. Régaler ses hôtes.
Le fameux Scipion de qui vous fûtes l'hôte
Corneille, Sophon. IV, 2- ....Notre bonne commèreS'efforce de tirer son hôte au fond de l'eau La Fontaine, Fabl. IV, 11
- Lycus lui-même emplit une coupe profonde,L'envoie à l'étranger : salut, mon hôte, bois André Chénier, Idylles, le Mendiant.
- Pour boire à Jupiter, qui nous daigne envoyerL'étranger, devenu l'hôte de mon foyer André Chénier, ib.
Mon hôte, tu franchis le seuil de ma famille, à l'heure qui jadis a vu naître ma fille
André Chénier, ib.
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Dans l'ordre des chartreux, se disait d'un religieux qui demeurait dans une chartreuse dont il n'était pas profès.
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Par extension.
Nos hameaux Seront bientôt remplis de nos hôtes nouveaux
Voltaire, Scythes, I, 5
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Fig.
- C'est l'ordinaire effet de son épanchement,Que d'enfanter le zèle et semer l'allégresse ;C'est l'accompagnement de cette grande hôtesse Corneille, Imit. II, 9
- La folle inquiétude en ses plaisirs légère,Des lieux où l'on la porte hôtesse passagère La Fontaine, Élégie V
- L'inconstance d'une âme en ses plaisirs légère,Inquiète et partout hôtesse passagère La Fontaine, Poésies mêlées, LXIX.
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3Familièrement. Les animaux qui fréquentent, habitent la demeure de l'homme. Les rats sont des hôtes incommodes.
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4Habitant.
- Et vous, hôtes du ciel, saintes légions d'anges.... Rotrou, St-Genest, IV, 5
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Les hôtes des bois, les animaux qui les habitent.
- Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois La Fontaine, Fabl. I, 2
- Nous offrons cependant à sa troupe brillanteDes hôtes de nos bois la dépouille sanglante Voltaire, Scythes, I, 1
Le divers langage des hôtes du désert nous paraît calculé sur la grandeur ou le charme du lieu où ils vivent
Chateaubriand, Génie, I, V, 5
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5Celui, celle qui tient une auberge, une hôtellerie. L'hôte, l'hôtesse du Cheval blanc.
T'ai-je encore décrit la dame brelandière Qui des joueurs chez soi se fait cabaretière, Et souffre des affronts que ne souffrirait pas L'hôtesse d'une auberge à dix sous par repas ?
Boileau, Sat. X
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Table d'hôte, table où plusieurs personnes réunies mangent à heure et à prix fixes. Vivre à table d'hôte.
À table d'hôte ? je vous entends, tant par tête ; combien êtes-vous, s'il vous plaît ?
Dancourt, Maison de camp. sc. 30
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Fig. Il est l'hôte et l'hôtellerie, se dit d'un homme qui fait toutes sortes de fonctions dans une maison, qui se mêle de toutes sortes d'affaires.
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6Celui qui vient manger ou loger dans une hôtellerie, une auberge. Cet aubergiste a en ce moment des hôtes qui payent bien.
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7Celui qui donne à loyer une portion de sa maison. L'hôte est tenu des grosses réparations.
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Celui qui tient à loyer une portion de maison. Ce propriétaire a chez lui des hôtes commodes.
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Hôte a vieilli dans ces deux sens ; on dit aujourd'hui : propriétaire et locataire.
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8Terme de pêche. Hôte ou bourgeois, celui à qui appartient le bateau pêcheur.
Proverbes
Il n'y en a point de plus foulé que l'hôte
, se dit en parlant de certaines parties de plaisir où chacun porte son plat pour aller dîner chez quelqu'un de la société. Qui compte sans son hôte compte deux fois
, se dit de celui qui fait son compte en l'absence de la personne qui y est intéressée. Compter sans son hôte
, se méprendre, compter sur une chose qui ne se fait pas. Bon visage d'hôte
, bon accueil de celui qui donne à manger chez lui, qui reçoit et héberge ses amis.
Étymologie
Provenç. hoste, oste, osde ; espagn. huesped ; portug. hospede ; ital. oste ; du lat. hospitem, dont on conjecture deux étymologies : sanscrit, gosha, station des vaches, et pati, maître : le maître de la station des vaches où s'arrête le voyageur ; ou bien ghaspati, le maître qui donne à manger. Des étymologistes l'ont aussi rattaché à un radical qui se trouve dans les langues slaves : lithuanien, gaspada, hôtellerie ; mais voy. à HOSPODAR ce qui fait objection.