hanter v. a. (han-té)
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1Visiter souvent, en parlant soit des lieux, soit des personnes.
- Ce n'est pas grand effort de hanter sans querelleDes esprits doux, des gens de bien Corneille, Imit. II, 3
- Soit qu'elles fussent des oiseauxHantant la terre ou bien les eaux Scarron, Virg. III
- Je hante les palais, je m'assieds à ta table La Fontaine, Fabl. IV, 3
Quatre animaux divers, le chat grippe-fromage, Triste oiseau le hibou, ronge-maille le rat, Dame belette au long corsage, Toutes gens d'esprit scélérat, Hantaient le tronc pourri d'un pin vieux et sauvage
La Fontaine, ib. VIII, 22- Comme une autre Diane elle hante les bois Molière, Princ. d'Él. I, 1
- Je ne remarque point qu'il hante les églises Molière, Tart. II, 2
- Elle lit Rodriguez, fait l'oraison mentale,Va pour les malheureux quêter dans les maisons,Hante les hôpitaux, visite les prisons Boileau, Sat. X
La mauvaise compagnie qu'elle hantait
Hamilton, Gramm. 10- Il n'est pas connaissable depuis qu'il me hante Regnard, Retour impr. 6
Peu hanter nos seigneurs les sots
Voltaire, Épît. 60
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Fig.
Dieu ne fit la sagesse Pour les cerveaux qui hantent les neuf sœurs
La Fontaine, Cloch.- Nos âmes réuniesHantent les mêmes bords, vivent des mêmes vies Lamartine, Joc. VI, 220
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2V. n.
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3Se hanter, v. réfl. Se voir, se visiter réciproquement.
Proverbes
Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es
, c'est-à-dire on juge aisément des mœurs d'une personne par sa société habituelle. Cet homme a hanté les foires, a bien hanté les foires
, c'est-à-dire c'est un vieux routier, c'est un homme qui a beaucoup d'expérience.
Étymologie
Angl. to haunt ; allem. hantieren ; dan. hantere. Origine très controversée. Diez regarde hantieren comme venu du français, et pense que hanter est un mot introduit par les Normands dans le français (ce qui est tout à fait hypothétique), et qu'il vient de l'ancien scandinave heimta (de heim, chez soi), désirer un objet perdu ou absent. Scheller y verrait le verbe fictif hamitare, dérivé du bas-latin hamus, hameau, dérivé aussi du germanique heim, demeure. Hanter a, en outre, dans l'ancienne langue, un sens de exercer, pratiquer, qui fait songer Chevallet à l'allemand Hant ou Hand, main (Le mire de legier hantement, le chirurgien qui a de l'habileté de main, H. DE MONDEVILLE, f° 33). Comme le sens de hanter est celui du latin versari au propre et au figuré, le kimry et le bas-breton hent, chemin, qui convient pour la forme, pourrait aussi par détournement avoir fourni le sens de ver sari. Mais, après avoir passé tout cela en revue, ce qui reste de plus probable, c'est l'étymologie anciennement proposée du latin habitare, habiter ; le sens est bon, la forme aussi : car habĭtare, devenant habtare, a pris facilement une nasale, et, dérivant de habere, a eu dans la latinité et a pu avoir dans le français le sens de avoir souvent.