hiver s. m. (i-vêr)
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1Saison qui suit l'automne et précède le printemps.
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L'hiver astronomique, qui commence au 22 de décembre et finit au 20 de mars.
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L'hiver météorologique, qui commence à la fin de novembre et se termine en février, et qui est la plus froide des saisons ; c'est le sens populaire.
- Je connais un vieillard dont les secrets diversOnt fait naître des fleurs au milieu des hivers Rotrou, Hercule mour. II, 2
- Je me couchais sans feu dans le cœur de l'hiver Molière, Sgan. 2
Cet hiver est épouvantable
Mme de Sévigné, 13Rien ne se passe si insensiblement qu'un hiver à la campagne, cela n'est affreux que de loin
Mme de Sévigné, 603Les cœurs sont saisis d'une joie soudaine par la grâce inespérée d'un beau jour d'hiver.... on ne laisse pas de préférer au plus beau jour d'hiver la constante sérénité d'une saison plus bénigne
Bossuet, Marie-Thér.Gand tombe avant qu'on pense à le munir ; Louis y vient par de longs détours ; et la reine, qui l'accompagne au cœur de l'hiver, joint au plaisir de le suivre celui de servir secrètement à ses desseins
Bossuet, ib.Philisbourg est aux abois en dix jours, malgré l'hiver qui approche
Bossuet, Louis de Bourbon.Dans les nécessités extraordinaires sa charité faisait de nouveaux efforts ; le rude hiver des années dernières [l'orateur parle en 1685] acheva de la dépouiller de ce qui lui restait de superflu
Bossuet, Anne de Gonz.Je consens.... Qu'à Paris le gibier manque tous les hivers
Boileau, Sat. III- L'été n'a point de feux, l'hiver n'a point de glace Boileau, Lutr. II
- Vous, dont le pinceau téméraireReprésente l'hiver sous l'image vulgaireD'un vieillard faible et languissant J.-B. Rousseau, Cantate, Hiver.
Le cruel hiver de 1709 força le roi de remettre aux peuples neuf millions de tailles dans le temps qu'il n'avait pas de quoi payer ses soldats
Voltaire, Louis XIV, 30L'hiver de 1709 avait détruit le germe des moissons ; la misère fut extrême dans les campagnes, dans les villes et jusque dans Paris
Duclos, Règne de Louis XIV, Œuv. t. V, p. 27, dans POUGENS.On n'a pas oublié le froid si long et si rigoureux de l'hiver de 1740, il avait presque égalé en intensité celui de 1709 et l'avait surpassé en durée
Bonnet, Observ. 42e insect.L'astre brillant du jour sourit à leur audace [des monts sourcilleux], Et de leur front superbe éclaire les déserts ; De la pourpre, de l'or, du lis et de la rose Il donne à ces frimas les reflets éclatants ; Sur son trône glacé l'hiver, qui s'y repose, Y paraît couronné de l'émail du printemps
MASSON, Helvét. IIL'hiver était si près de nous qu'il n'avait fallu qu'un coup de vent de quelques minutes pour l'amener âpre, mordant, dominateur ; on sentit aussitôt qu'en ce pays il était indigène et nous étrangers
Ségur, Hist. de Nap. IX, 7Ces Russes ajoutèrent qu'ils s'étonnaient surtout de notre sécurité à l'approche de leur puissant hiver : c'était leur allié naturel et le plus terrible ; ils l'attendaient de moment en moment ; ils nous plaignaient, ils nous pressaient de fuir ; dans quinze jours, s'écriaient-ils, vos ongles tomberont
Ségur, ib. VIII, 10
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Habits, costume d'hiver, habits, costume qu'on prend en hiver pour se défendre du froid.
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Fruits d'hiver, fruits qui n'achèvent de mûrir qu'en hiver ; ceux qu'on mange ordinairement en hiver.
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Semestre d'hiver, semestre qui commence après les vacances ou à quelque autre époque de l'hiver, suivant les différentes compagnies, où il est d'usage de diviser le service par semestre.
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Terme de guerre. Quartier d'hiver, l'intervalle entre deux campagnes.
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Quartier d'hiver, lieu où l'on met les troupes en cantonnement pendant l'hiver. L'armée va prendre ses quartiers d'hiver.
C'est à cent lieues plus loin que Smolensk, c'est à Minsk qu'il lui faut [à Napoléon] aller chercher des quartiers d'hiver, dont quarante marches le séparent
Ségur, Hist. de Nap. IX, 5
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2Il se dit par rapport au froid qu'il fait en hiver. L'hiver est avancé. L'hiver est tardif. L'hiver est long.
Tous les grands hivers augmentent la mortalité
Buffon, Prob. de la vie, Œuv. t. X, p. 508
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Il n'y a point eu d'hiver, c'est-à-dire il n'y a point eu de grands froids cette année.
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Fig. Il n'a pas besoin d'un fort hiver, se dit d'un homme d'une complexion faible et délicate, et aussi d'un homme qui, étant mal dans ses affaires, peut être ruiné par le moindre accident.
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Température froide.
Des neiges qui font un hiver perpétuel sur le sommet des montagnes
Fénelon, Tél. II
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Fig.
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3Fig. L'hiver de l'âge, des ans, la vieillesse.
Puisqu'on a vu Siphax en l'hiver de son âge Concevoir tant de feux pour un si beau visage
MAIRET, Sophon. I, 4- Je sais que vos appas encor dans leur printempsPourraient s'effaroucher de l'hiver de mes ans Voltaire, Mérope, I, 3
- Et ses soins caressants,Tendres, réchaufferaient l'hiver de mes vieux ans COLLIN D'HARLEVILLE, Vieux célib. IV, 11
- ....Les goûts purs, innocents,Jusque dans leur hiver suivent les bonnes gens PICARD, Amis de collége, II, 2
- Qu'il coule gaiement son automne ;Que son hiver soit encor loin Béranger, Doct. et mal.
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L'hiver de ce siècle, la sombre et triste condition des hommes sur la terre.
Ne t'impatiente pas, ô homme de bien ; laisse passer l'hiver de ce siècle, où toutes choses sont confondues
Bossuet, Sermons, Providence, 1
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4Année, dans le langage poétique, quand il s'agit soit d'un âge avancé, soit de quelque période sombre et triste.
- Quand le sort t'a laissé compter cinquante hivers DESHOULIÈRES, t. I, p. 105
- Là, depuis trente hivers un hibou retiré Boileau, Lutr. III
- Cinquante hivers ont passé sur ta tête ;J'ai de bien près cheminé sur tes pas Béranger, Bonsoir.
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5Terme de marine. Bâtons ou mâts d'hiver, mâts de perroquet sans flèche.
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6Terme d'alchimie. Temps de l'humidité de la pierre.
Proverbes
Mi-mai, queue d'hiver
, c'est-à-dire le froid se fait souvent sentir au mois de mai. Autant de jours d'hiver passés, autant d'ennemis renversés
. Serein d'hiver, pluie d'été ne font jamais pauvreté
. L'hiver n'est jamais bâtard ; s'il ne vient tôt, il vient tard
, c'est-à-dire l'hiver est de la famille des saisons, ce n'est point un bâtard, il a toujours sa place.
Étymologie
Wallon, ivier' ; bourguig. hivar ; provenç. ivern ; espagn. invierno ; ital. inverno ; du lat. Hībernus, dans lequel hī représente hie de hiems, hiver ; sanscrit, hima, neige. Hībernus paraît se décomposer en hi, neige, ber, qui apporte, et nus, suffixe participial.