humer v. a. (hu-mé)
-
1Avaler quelque chose de liquide en retirant son haleine. Humer un bouillon, un œuf.
- Disant ces mots, son gosier altéréHumait un vin qui, d'ambre coloré,Sentait encor la grappe parfuméeDont fut pour nous la liqueur exprimée Voltaire, Défense du mondain.
-
Humer l'air, le vent, le faire pénétrer dans les poumons.
- Par un doux zéphyr réjouie,Humait l'air, respirait, était épanouie La Fontaine, Fabl. VIII, 9
-
Humer le brouillard, s'y exposer.
-
Humer l'odeur des mets, les flairer avec délices.
-
Aspirer par le nez. Humer une prise de tabac.
-
Fig.
L'air précieux n'a pas seulement infecté Paris ; il s'est aussi répandu dans les provinces, et nos donzelles ridicules en ont humé leur bonne part
Molière, Préc. rid. IL'âme est contente et hume tout l'encens [de la flatterie] en elle-même
Bossuet, Pensées chrét. 22- Voilà, voilà pourtant l'air fétide, empesté,L'air malsain que Paris, comme une odeur divine,Vient humer chaque soir de toute sa poitrine ! BARBIER, Iambes, Melpomène, 2
-
2Se humer, v. réfl. Être humé. Un œuf frais se hume aisément.
Étymologie
Wallon, houmer ; picard heumer. Origine inconnue. Diez demande si ce n'est pas une onomatopée. En tout cas, le sens primitif dans l'historique est avaler, en retirant son haleine, des œufs, du lait, du gras, de la porée. Il y a dans l'espagnol husmear, flairer ; mais ni le sens ni la forme (le verbe français n'ayant point d's) ne conviennent.