imposture s. f. (in-po-stu-r')
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1Action de tromper, d'en imposer. Une grossière imposture.
- Va, ne présume pas que, quoi que je te jure,De tes nouveaux docteurs je suive l'imposture Corneille, Poly. V, 2
- Ah ! seigneur, est-il rien qui répare l'injureQue fait à l'innocence un moment d'imposture ? Corneille, Nicom. IV, 1
- Que ne publieront point l'envie et l'imposture ? Corneille, Cid, III, 4
- Et c'est trop condamner ma bouche d'imposture Molière, Tart. IV, 3
Ce nom [de gentilhomme] ne fait aucun scrupule à prendre.... pour moi.... je trouve que toute imposture est indigne d'un honnête homme, et qu'il y a de la lâcheté à déguiser ce que le ciel nous a fait naître
Molière, Bourg. gent. III, 12- Votre bouche, dit-il, est pleine d'imposture Racine, Phèdre, IV, 4
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2Particulièrement. Ce que l'on impute faussement à quelqu'un dans le dessein de lui nuire. Il est aisé de détruire cette imposture.
- Quelqu'un auprès de vous m'a fait cette imposture Corneille, Ment. III, 5
- Je suis ravi de voir qu'une telle impostureAit laissé votre gloire et plus grande et plus pure Corneille, Nicom. III, 8
Ils ont l'art de donner de belles couleurs à toutes leurs impostures
Molière, 2e placet au roi (sur Tartufe)- Vous les verrez bientôt, féconds en impostures,Amasser contre vous des volumes d'injures Boileau, Sat. IX
- ....Tout ce qu'il dit sont autant d'impostures Racine, Plaid. II, 9
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3Hypocrisie, tromperie dans les mœurs, dans la conduite. Toute sa vie n'a été qu'une imposture continuelle.
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4Action de tromper en se faisant passer pour un autre. L'imposture des faux Démétrius en Russie.
Il épousa une maîtresse de la maison d'York, dont il fut encore aimé, même quand son imposture fut découverte
Voltaire, Mœurs, 117
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5Figurément. Illusion, en bonne ou en mauvaise part.
- Semblable à ces amants trompés par le sommeil,Qui rappellent en vain, pendant la nuit obscure,Le souvenir confus d'une douce imposture La Fontaine, Adonis.
- C'est là que, plus touché d'un ruisseau qui murmureQue de tous ces vains ornementsFils de l'art et de l'imposture,Je me fais des amusements CHAUL., à Mme de Lassay.
- De vos songes menteurs l'imposture est visible Racine, Athal. II, 7
- Des arts la magique impostureFait éclore un autre univers SABATIER, l'Enthousiasme, Ode.
Remarque
Bouhours (Nouv. Rem.) signalait imposture comme un mot nouveau que le public n'avait pas admis. On voit par l'historique qu'il est aussi ancien que la langue.
Étymologie
Lat. impostura (voy. IMPOSTEUR).