Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

infatuer dans le Littré

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infatuer v. a. (in-fa-tu-é)

  1. 1Donner une prévention folle pour une personne ou pour une chose.

    • Et, de quelque bon sens que Dieu l'ait pourvu, n'est-ce pas [une passion] ce qui l'infatue, ce qui pousse sa raison à bout, ce qui le met dans l'impuissance de s'en aider ? Bourdaloue, Carême, Sur l'impureté.
    • Succomba-t-il [Salomon] à cette aveugle passion qui l'infatua dans la suite jusqu'à lui faire adorer les dieux de ses concubines ? Bourdaloue, Dim. de la Septuagés. dominic. t. I, p. 358
    • Nous sommes infatués du monde comme s'il ne devait jamais finir Fénelon, t. XVIII, p. 48
    • Celui qui n'est connu que par les lettres n'est pas infatué de cette gloire s'il est ambitieux VAUVENARGUES, l'Orateur chagrin.
  2. 2S'infatuer, v. réfl. Devenir infatué.

    • Un orgueilleux qui s'infatue de ses prétendues bonnes qualités Bourdaloue, Pensées, t. II, p. 172
    • Des scolastiques s'en infatuèrent [de la philosophie d'Aristote] Montesquieu, Espr. XXI, 20

Synonymes

INFATUER, ENTÊTER. D'après l'étymologie s'infatuer d'une chose, c'est s'y attacher d'une manière folle ; s'y entêter, c'est la fixer dans sa tête d'une manière opiniâtre. Il y a donc dans infatuer une idée de folie qui n'est pas dans entêter. On peut s'entêter d'une idée vraie contre l'opinion commune ; on ne peut pas s'en infatuer.

Étymologie

Lat. infatuare, rendre fou, de in.... 2, et fatuus, fou (voy. FAT).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander