infus, use adj. (in-fû, fu-z')
-
1Répandu dans, en parlant de choses intellectuelles et morales, de qualités, de sentiments.
Cette bonne grâce qui reluit sur tout ce qu'il fait est infuse dans des qualités solides
BALZAC, le Romain.- Peu de gens que le ciel chérit et gratifieOnt le don d'agréer infus avec la vie La Fontaine, Fabl. IV, 5
Toutes les langues et toutes les sciences lui sont infuses [à Angélique, fille d'Arnaud d'Andilly] ; enfin c'est un prodige, d'autant plus qu'elle est entrée à six ans en religion
Mme de Sévigné, 388Claire connaissance de Dieu, amour infus de ce premier être
Bossuet, Élévat. sur myst. IV, 6La raison se développe peu à peu [dans l'enfant] ; et la foi, infuse par le baptême, en fait de même
Bossuet, Réfl. sur un écrit de M. Claude, 6Ces grâces stériles qui, quoique infuses de Dieu, ne rendent l'homme ni plus juste ni plus agréable à Dieu
Bourdaloue, 5e dim. après Pâq. Dominic. t. II, p. 217Polissez votre style et choisissez vos termes ; à la force du sens unissez l'harmonie infuse dans vos périodes pour charmer l'oreille....
Paul-Louis Courier, Lett. X
-
Terme de théologie. Science infuse, science qu'Adam possédait par la nature qu'il tenait de Dieu.
-
Familièrement. Il croit avoir la science infuse, se dit, par raillerie, d'un homme qui se croit savant sans avoir étudié, et aussi du présomptueux.
-
2Pénétré de.
Toutes vos pensées sont comme infuses de l'un et de l'autre [l'utile et l'agréable]
Paul-Louis Courier, Lett. I, 114
Étymologie
Provenç. enfus ; espagn. et ital. infuso ; du lat. infusus, part. passif de infundere, verser dans (voy. INFONDRE).