institution s. f. (in-sti-tu-sion ; en vers, de cinq syllabes)
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1Action par laquelle on institue, on établit.
Ce renversement admirable des conditions humaines [entre les riches et les pauvres] est déjà commencé dès cette vie, et nous en voyons les premiers traits dans l'institution de l'Église
Bossuet, Serm. Septuag. Préambule.Ils [les protestants] ont jugé que les deux espèces n'étaient pas essentielles à la communion par l'institution de Jésus-Christ
Bossuet, Expos. de la doctr. cathol. 17Ce n'est que par occasion que les rois ont des ennemis à vaincre, et c'est par institution qu'ils ont des sujets à gouverner
Fléchier, le Tellier.Dans la naissance des sociétés, ce sont les chefs des républiques qui font l'institution
Montesquieu, Rom. 1L'usage de la baïonnette au bout du fusil est de son institution [de Louis XIV]
Voltaire, Louis XIV, 29Quelques auteurs ont pensé que les archevêques mêmes sont d'institution apostolique
Chateaubriand, Génie, IV, III, 2
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Ramener une chose à son institution, en faire revivre les principes.
C'est rappeler la poésie à son institution primitive, que de la faire servir ainsi à la religion
Rollin, Hist. anc. t. XII, liv. XXV, chap. I, art. 1, § 1, p. 23, dans POUGENS.
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2Tout ce qui est inventé et établi par les hommes, en opposition à ce qui est de nature. Ce qui est d'institution est sujet à changement.
Il ne fallait pas dire si absolument que les lois du mariage sont des lois positives, et que le mariage est de pure institution, comme s'il n'était pas fondé sur la nature même
Bossuet, 4e avert. 5
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3La chose instituée. Les hôpitaux, les écoles, les caisses d'épargne, sont des institutions utiles.
La grande part qu'il a eue à fonder une institution si véritablement ecclésiastique [l'Oratoire]
Bossuet, Bourgoing.Avant que les préjugés et les institutions humaines aient altéré nos penchants naturels, le bonheur des enfants ainsi que des hommes consiste dans l'usage de leur liberté
J.-J. Rousseau, Ém. II
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Dans le langage de la politique, les institutions, les lois fondamentales qui régissent un État.
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4Terme de jurisprudence. Institution d'héritier, nomination d'un héritier.
L'institution d'héritier est, en droit, comme la pierre fondamentale du testament
PATRU, Plaidoyer 8
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Institution contractuelle, don irrévocable de succession fait par contrat de mariage, au profit d'un des conjoints ou des enfants qui doivent naître d'eux.
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Terme de droit canon. Nom donné à toutes sortes de provisions qui font le titre par lequel on acquiert un bénéfice, et l'on s'y maintient.
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Dans un sens particulier, concession d'un bénéfice de patronage par le supérieur collateur, sur la présentation du patron.
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5Action d'instruire et de former, au sens passif, en parlant de ceux qui sont instruits.
La bonne institution sert beaucoup pour corriger les défauts de la naissance
Descartes, Pass. 161Si la naissance nous donne une partie de ce qui est nécessaire pour ces grandes choses, nous devons recevoir le reste de l'institution
PELLISSON, Disc. à l'Acad.Vous faites de l'institution des enfants un grand objet de gouvernement
Voltaire, Lett. la Chalotais, 22 juin 1763
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Institution, au sens actif, en parlant de ceux qui instruisent.
Il faut distinguer trois époques dans la durée de l'institution de Sénèque, ainsi que dans l'âme de son élève
Diderot, Claude et Nér. I, 40
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6École, maison d'éducation. Ouvrir, établir, tenir une institution. L'institution des Aveugles.
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Chef d'institution, maître de pension. Les chefs d'institution de Paris.
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Étymologie
Provenç. institutio, istitutio ; espag. institucion ; ital. istituzione ; du latin institutionem, de instituere, instituer.