interroger v. a. (in-tè-ro-jé. Le g prend un e devant a et o : interrogeant, interrogeons)
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1Faire des questions avec une certaine idée d'autorité, ou du moins avec une certaine idée d'importance dans la question. Interrogez-le sur ce fait.
- Mais vous qui me parlez d'une voix menaçante,Oubliez-vous ici qui vous interrogez ? Racine, Iph. IV, 6
- Une seconde fois interrogeons Oenone Racine, Phèdre, V, 4
- Un enfant est peu propre à trahir sa pensée....Laissez-moi, cher Nathan, le voir, l'interroger Racine, Ath. II, 6
- Juge tous les mortels avec d'égales lois,Et du haut de son trône interroge les rois Racine, Esth. III, 4
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Interroger de, faire des questions sur ; emploi qui n'a lieu qu'en poésie.
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Absolument.
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2Faire des questions à quelqu'un pour s'assurer qu'il a bien appris certaines choses, qu'il possède certaines connaissances. Le candidat a été interrogé sur la géométrie et l'algèbre.
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3Fig. Consulter, examiner, en parlant des choses.
- Des victimes vous-même interrogez le flanc Racine, Iphig. I, 2
Interrogez ses œuvres [de Jésus-Christ] que personne avant lui n'avait faites
Massillon, Carême, Passion.- Je crains de rechercher s'il est vrai que je l'aime,D'interroger mon cœur Voltaire, Irène, III, 1
- J'interroge mon cœur, j'interroge ma vie Ducis, Osc. IV, 2
La nature fut interrogée, au nom d'un seul homme [Linné], de la cime des montagnes de la Norvége aux sommets des Cordillères et de l'Atlas
Condorcet, Linné.Pénétrer dans le passé, interroger le cœur humain à travers les siècles
Mme de Staël, Corinne, XI, 4Dans leur longue solitude ils interrogent le silence
Mme de Staël, ib. XIII, 4- Des pieds des voyageurs j'interrogeais la trace Casimir Delavigne, Paria, I, 1
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4S'interroger, v. réfl. Se faire mutuellement des questions. Nous nous interrogions l'un l'autre sur ce qui était arrivé. Ces jeunes gens s'interrogeaient réciproquement pour se préparer à leur examen.
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Fig. S'examiner, se consulter.
Interrogez-vous à l'aspect d'un homme ou d'une femme, et vous reconnaîtrez que c'est toujours l'image d'une bonne qualité ou l'empreinte plus ou moins marquée d'une mauvaise qui vous attire ou vous repousse
Diderot, Essai sur la peint. ch. 4
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Étymologie
Bourg. étarrôgai ; provenç. interrogar, enterrogar ; espagn. interrogar ; ital. interrogare ; du lat. interrogare, de inter, entre, et rogare, demander (voy. ROGATION).
Supplément
INTERROGER. Ajoutez : - REM. Le lat. interrogare avait donné dans l'ancienne langue enterver, provenç. entervar (voy. BURGUY, Gramm. de la langue d'oïl, t. III, p. 330, au mot rover). C'est enterve qu'il faut lire dans BENOIT DE SAINTE MORE, Roman de Troie, V. 26614 : Tote sole [Cassandre] s'en vait fuiant, Que riens ne la conuist ne treve [lisez n'enterve, n'interroge], Enz el riche temple Minerve.