Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

jaser dans le Littré

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jaser v. n. (ja-zé)

  1. 1Causer, babiller.

    • Les oisillons, las de l'entendre, Se mirent à jaser aussi confusément Que faisaient les Troyens quand la pauvre Cassandre Ouvrait la bouche seulement La Fontaine, Fabl. I, 8
    • Caquet bon bec alors de jaser au plus druSur ceci, sur cela, sur tout.... La Fontaine, ib. XII, 11
    • Car madame à jaser tient le dé tout le jour Molière, Tart, I, 1
    • Ah ! jamais les amants ne sont las de jaser Molière, Tart. II, 4
    • On sentait qu'elle ne jasait tant que parce qu'elle avait l'innocente faiblesse d'aimer à parler Marivaux, Paysan parv. 2e part.
    • L'enfant qui jase et le vieillard qui radote n'ont ni l'un ni l'autre le ton de la raison Buffon, Nature des animaux.
    • J'attends ici quelque chose ; et deux hommes qui jasent sont moins suspects qu'un seul qui se promène ; ayons l'air de jaser Beaumarchais, Barb. de Sév. I, 2
    • Fig. Vous jasez bien à votre aise, vous avez les pieds chauds, se dit à quelqu'un qui prend ses aises quand les autres se donnent de la peine.

  2. 2Dire, révéler quelque chose qu'on devait tenir secret.

  3. 3Faire des remarques malignes, plus ou moins médisantes.

  4. 4Prononcer des paroles humaines, en parlant du geai, de la pie, du perroquet, du merle et autres oiseaux. Cette pie jase tout le jour.

    • L'on ne doit pas attribuer à la structure particulière de nos organes la formation de notre parole, dès que le perroquet peut la prononcer comme l'homme : mais jaser n'est pas parler Buffon, Ois. t. XI, p. 95
    • Jaser comme une pie, comme une pie borgne, c'est-à-dire parler beaucoup, babiller.

Étymologie

Provenç. gasar. On a proposé l'italien gazza, pie, mais l'italien n'a pas gazzare, et gazza eût donné en français gacer, jacer. Ayant rejeté gazza, Diez tire le mot du scandinave gassi, qui signifie jars et caqueteur ; mais jaser paraît tenir à gazouiller, et pour ce radical jas ou gaz, on a une dérivation celtique qui, étant directe, paraît préférable : breton, geiz, geid, gazouiller ; kymri, gyth, murmure.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander