Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

jeté dans le Littré

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1jeté, ée part. passé (je-té, tée)

  1. 1Qui a reçu un mouvement communiqué.

    • La tête d'Asdrubal, jetée dans le camp des Carthaginois, apprit à leur chef le funeste sort de son frère Rollin, Hist. anc. Œuv. t. I, p. 460, dans POUGENS
  2. 2Disséminé, répandu.

    • Oh ! le bon mal [le rhumatisme] ! et que c'est bien fait de le voir un peu jeté parmi les courtisans ! Mme de Sévigné, 12 fév. 1676
    • De l'argent jeté, de l'argent prodigué sans profit, sans utilité.

      • J'approuve bien de supprimer les étrennes, c'est de l'argent jeté Mme de Sévigné, 27 déc. 1684
  3. 3Fig. Qui a été placé, mis, dirigé non sans quelque violence ou rapidité.

  4. 4Terme militaire. Introduit, posté. Un régiment jeté dans la place.

    • On remarquait qu'on y avait marché [vers une position] languissamment ; qu'une division seule, jetée à trois lieues de tout secours, y avait été négligemment aventurée ; que les corps d'armée étaient restés hors de portée les uns des autres Ségur, Hist. de Nap. IX, 2
  5. 5Étendu sur, en parlant de teintes, de couleurs, etc. Marbre jeté, voy. MARBRE.

    • Une teinte de gris jetée sur tout le dessus du corps, assez claire sur la tête, et qui devient plus foncée et bleuâtre sur le dos Buffon, Ois. t. XVII, p. 462
  6. 6Mis dans une certaine position, en parlant d'une partie du corps.

    • Le castagneux n'a pas plus que le grèbe la faculté de se tenir et de marcher sur la terre ; ses jambes traînantes et jetées en arrière ne peuvent s'y soutenir Buffon, Ois. t. XV, p. 279
  7. 7Il se dit d'un vêtement mis à la hâte. Un manteau jeté sur ses épaules.

    • Par analogie il se dit, en peinture et en sculpture, de la disposition des draperies.

      • Draperie qui pend de la barque, mal jetée Diderot, Salon de 1767, Œuv. t. XIV, p. 146, dans POUGENS
    • Terme de beaux-arts et de littérature. Cela est jeté, bien jeté, se dit de tout ce qui est fait d'un seul jet, d'une esquisse heureuse et rapide.

      • Il faut voir comme cette figure est jetée Diderot, Salon de 1765, Œuvr. t. XIII, p. 78, dans POUGENS
  8. 8Mis en avant par la parole ou l'écriture.

    • Un mot jeté de la sorte dans un discours vaut un panégyrique entier Rollin, Traité des Ét. liv. VI, 2e part. chap. 2, § 3
    • Un mot, quoique jeté au hasard et mal à propos, fait souvent germer des beautés nouvelles dans la tête d'un homme de génie Voltaire, Lett. Chabanon, 13 janv. 1766
  9. 9Coulé, après fusion, en un moule.

    • Le colosse de Rhodes, ouvrage immense jeté en fonte par un Indien Voltaire, Mœurs, 92

2jeté s. m. (je-té)

  1. 1Un des pas de la danse, mouvement par lequel on jette un pied en avant ou en arrière ou de côté, et on lève l'autre en même temps ; il se compose d'un plié et d'un tombé : une jambe se plie, et, en se redressant, lance le corps, qui retombe sur l'autre jambe. Jeté battu.

  2. 2Au tricot, un jeté, le brin jeté sur l'aiguille avant de prendre la maille, ce qui fait une maille de plus si l'on veut.

  3. 10Néologisme. Jeté de, parsemé.

    • Quelques menus dessins, jetés d'insectes ou de feuillages comme les Japonais en sèment à l'intérieur de leurs coffrets KARL STEEN, Journ. offic. 29 mars 1876, p. 2238, 1re col.

Étymologie

Jeté 1.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander