Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

jugeur dans le Littré

1 article· 2 citations· rimes

jugeur s. m. (ju-jeur)

  1. 1Terme qui se dit par dénigrement. Celui qui juge.

    • De perfides et iniques demandes de troupes, qui peuvent attirer un déluge de malheurs sur cette province, et qui ne seront jamais utiles qu'à l'orgueil ou à la vengeance des jugeurs Mirabeau, Collection, t. I, p. 40
    • Terme d'ancienne pratique. Conseiller qui ne faisait point de rapports, et dont la mission se bornait à juger.

  2. 2Fig. Homme qui ne sait que juger et critiquer sans être capable de rien produire. Un jugeur de profession.

    • Ajoutez-y le pédantesque abus de ces autres grands mots, décence et bonnes mœurs, qui donnent un air si important, si supérieur, que nos jugeurs de comédies seraient désolés de n'avoir pas à les prononcer sur toutes les pièces de théâtre BEAUMARCHAIS, Mar. de Fig. Préface

Remarque

Jugeur n'a pris un sens péjoratif que par opposition à juge ; autrement la finale eur n'a aucun mauvais sens ; mais ici, tandis que le juge remplit un office public, le jugeur fait un métier.

Étymologie

Provenç. jutjaire, jutgaire, jutjador, jutgador ; espagn. juzgador ; portug. julgador ; de judicare, juger. En français jugere, en provençal jutjaire est le nominatif ; jugeor, jutjador, le régime.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander