Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

légitime dans le Littré

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1légitime adj. (lé-ji-ti-m')

  1. 1Qui a un caractère de loi. L'autorité légitime. Les pouvoirs légitimes.

    • Il se dit des personnes.

      • Qui ne voit donc qu'il faut dire nécessairement que David était le roi légitime de tout Israël et qu'on n'avait pu reconnaître Isboseth que par attentat ou par erreur Bossuet, Var. 5e avert. § 39
      • Les mots changent d'acception : un peuple qui combat pour ses souverains légitimes est un peuple rebelle Chateaubriand, Buonaparte et les Bourbons.
    • Particulièrement. Une dynastie légitime, dynastie qui règne en vertu d'un droit traditionnel, par opposition aux princes qui règnent par des coups d'État ou par la volonté nationale.

    • Par extension.

      • Je converse avec moi-même comme avec le plus légitime censeur de ma vie Bossuet, Pensées chrét. et mor. 32
  2. 2Qui a les conditions, les qualités requises par la loi. Mariage légitime.

    • Par extension.

      • Ils [les renards] refusèrent constamment toutes les chiennes ; mais, dès qu'on leur présenta leur femelle légitime, ils la couvrirent quoiqu'enchaînés, et elle produisit quatre petits Buffon, Quadrup. t. II, p. 215
    • Enfant légitime, enfant né durant le mariage, ou après la mort du père, dans le délai que fixe la loi et par conséquent avec les conditions qui établissent ses droits à l'hérédité.

    • Intérêt légitime, intérêt de l'argent au taux fixé par la loi. On dit plus souvent intérêt légal.

  3. 3Il se dit en général des choses fondées sur un droit ou une raison qu'on ne pourrait violer sans injustice ou déraison.

  4. 4Terme de médecine. Maladies légitimes, celles qui suivent une marche régulière.

Remarque

Corneille l'a employé dans le sens de plausible, naturel ; ce qui ne semble pas bon : Si ses yeux l'ont trompé, l'erreur est légitime, Théod. IV, 5.

Étymologie

Provenç. legitim ; catal. llegitim ; esp. legitimo ; ital. legittimo ; du lat. legitimus, de lex, legis, loi.

2légitime s. f. (lé-ji-ti-m')

  1. Terme de jurisprudence. Portion assurée par la loi à certains héritiers sur la part héréditaire qu'ils auraient eue en entier, si le défunt n'avait pas disposé autrement de cette part (c'est un terme d'ancien droit ; l'institution du droit nouveau, analogue sans être tout à fait pareille, se dit réserve). La légitime des enfants, des ascendants.

    • Un testament où il réduit son fils à la légitime La Bruyère, IV
    • Il faut opter, mon petit cavalier ; voyez donc si, vous en tenant à l'Église, vous voulez posséder de grands biens et ne rien faire, ou, avec une petite légitime, vous faire casser bras et jambes, pour parvenir, sur la fin de vos jours, à la dignité de maréchal de camp avec un œil de verre et une jambe de bois Hamilton, Gramm. 3

Étymologie

Légitime 1 ; provenç. et espagn. legitima ; ital. legittima.

3légitimé, ée part. passé (lé-ji-ti-mé, mée)

  1. 1Rendu légitime.

    • Le roi, qui pensait toujours juste, aurait désiré que les princes légitimés ne se fussent jamais mariés Mme DE CAYLUS, Souvenirs, p. 61, dans POUGENS
    • Sa tendresse [de Louis XIV] qui redoublait pour le duc du Maine et pour le comte de Toulouse ses fils légitimés, le porta à les déclarer héritiers de la couronne, eux et leurs descendants, au défaut des princes du sang Voltaire, Louis XIV, 28
    • Substantivement.

      • On n'omettait rien pour préparer le public à l'élévation des légitimés Duclos, Règne de Louis XIV, Œuvr. t. V, p. 102, dans POUGENS.
  2. 2Justifié. Une action légitimée par les circonstances.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander