Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

laie dans le Littré

6 articles· 4 citations· rimes· synonymes

1laie s. f. (lê)

  1. La femelle du sanglier.

Étymologie

Origine inconnue. Bas-lat. lea, leha, lefa. D'après Borel, au mot lais, p. 295, dans LACURNE, la laie est ainsi dite, parce que les chasseurs la laissent pour faire des sangliers, ou parce qu'elle demeure parmi les arbrisseaux appelés lais ; une telle étymologie n'a rien de réel.

2laie s. f. (lê)

  1. Terme d'eaux et forêts. Route étroite percée dans une forêt, dans une futaie. Une laie de trois pieds de large.

    • Prenant un matin son chemin par une grande laie de la forest de Lafère VILLEROY, Mém. t. V, p. 79, dans LACURNE
    • Pour laie les forestiers disent aujourd'hui ligne.

    • Il s'est dit aussi d'une partie de bois et même d'une forêt.

Étymologie

Bas-latin, leia, lia, laia, leda, lada. Les formes avec d excluent l'allemand Lache qui a le même sens, et favorisent l'ancien scandinave leid, anglo-sax. lâd, flamand leyde, passage, voie, conduit, que Diez indique. Du Cange au contraire y voit l'adjectif latin lata, via lata, voie large ; mais le sens de passage vaut mieux pour désigner une voie que celui de largeur. On a dit laier des bois pour y tracer des allées ; et St-Germain en Laye paraît signifier St-Germain dans la forêt.

3laie s. f. (lê)

  1. Marteau du tailleur de pierre dont le tranchant est dentelé.

    • Traces formées sur la pierre par les dents du marteau.

4laie s. f. (lê)

  1. Espèce de boîte, dans l'orgue, qui renferme les soupapes et le vent venant des soufflets par le gros porte-vent de bois.

Étymologie

Radical de layette (voy. ce mot).

5laie s. f. (lê)

  1. Auge sur laquelle on place le marc de vin ou d'huile qu'on veut soumettre à une forte pression.

6lai, laie adj. (lè, lê)

  1. Laïque. Un conseiller lai.

    • En France, il n'y avait pas alors de condamnation de dépens en cour laie Montesquieu, Esp. XXVIII, 35
    • Frère lai, moine lai, frère servant qui n'est point destiné aux ordres sacrés.

    • On a dit aussi, sœur laie, pour sœur converse, qui est seul usité maintenant.

    • Autrefois, moine lai, se disait d'un laïque, ordinairement homme de guerre invalide que le roi plaçait dans une abbaye de nomination royale pour y être entretenu.

    • S. m. pl. Les lais, les laïques. Les clercs et les lais.

Étymologie

Forme ancienne et régulière représentant le lat. laïcus, où l'accent est sur la.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander