Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

langueur dans le Littré

1 article· 26 citations· rimes· synonymes

langueur s. f. (lan-gheur)

  1. 1Etat d'une personne affaiblie, malade. Maladie de langueur. Être en langueur.

    • Il est revenu un gentilhomme de Commerci qui m'a fait peur de la santé du cardinal de Retz : ce n'est plus une vie, c'est une langueur Mme de Sévigné, 28 juill. 1677
    • Ma tante est toujours très mal ; laissez-nous le soin de partir, nous ne souhaitons autre chose ; et même, s'il y avait quelque espérance de langueur, nous prendrions notre parti Mme de Sévigné, 27 avr. 1672
    • Une langueur qui semble d'abord plus incommode que dangereuse ; des maux d'autant plus à plaindre que, n'étant pas assez connus, ils n'étaient pas peut-être assez plaints.... Fléchier, Dauphine.
    • Il y a plus de deux ans qu'il est malade, et tant de médecins qui l'ont vu ne l'ont pu guérir, non plus que les eaux de Bourbon ; c'est une langueur dont son esprit ne se sent point BOUHOURS, Chevalier de Méré.
    • Après trois mois de langueur, elle [Mme de Maintenon] mourut à quatre-vingt-trois ans, le samedi 15 d'avril Duclos, Mém. rég. Œuv. t. V, p. 402, dans POUGENS
    • Langueur d'estomac, état d'un estomac qui a perdu le ton nécessaire pour bien faire ses fonctions.

    • Fig. Tenir en langueur, faire languir.

      • ....Ces lois dont la rigueur Tiennent mes souhaits en langueur Malherbe, V, 19
  2. 2Fig. Sorte d'affaiblissement moral et physique causé par les fatigues de l'esprit, par les peines de l'âme. L'excès du travail l'a mis dans un état de langueur dont il a peine à se tirer.

    • La reine, qui se trouva grosse, et qui ne put par tout son crédit faire abandonner ces deux siéges qu'on vit enfin si mal réussir, tomba en langueur, et tout l'État languit avec elle Bossuet, Reine d'Anglet.
    • L'état de langueur qui me menaçait d'une mort prochaine Fénelon, Dial. des morts mod. Charles-Quint, François 1er.
    • La nature vous a donné ce feu avec lequel on ne sent jamais la langueur de l'âge ; vous serez plus philosophe, mais vous ne serez jamais vieux Voltaire, Lett. Richelieu, 31 août 1751
    • L'impression que l'idée d'une mort prochaine faisait sur mon âme était moins de la tristesse qu'une langueur paisible et qui même avait ses douceurs J. J. ROUSSEAU, Confessions, VI
  3. 3Il se dit, dans un sens analogue, de la passion de l'amour.

  4. 4État de l'âme qui se laisse aller à un état comparé à la langueur physique. Les langueurs d'une vie sans occupation.

  5. 5Absence d'intérêt, de chaleur, de mouvement dans les productions de l'esprit. Il y a de la langueur dans cet ouvrage.

    • Cette chaleur ou se communique aux auditeurs, ou du moins les préserve d'une langueur involontaire qui aurait pu les gagner Fontenelle, du Verney.
    • Le spectateur pardonne tout, hors la langueur ; et, lorsqu'il est une fois ému, il examine rarement s'il a raison de l'être Voltaire, Œdipe, lett. 5e.
  6. 6Il se dit des choses qui n'ont point d'activité, de développement. La langueur du commerce, des affaires.

    • Les sept cent cinquante-neuf plantations distribuées dans soixante-une vallées sortaient de leur langueur, et il s'en formait d'autres Raynal, Hist. phil. VII, 14

Étymologie

Provenç. languor, langor ; espagn. languor ; ital. languore ; du lat. langorem.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander