laquais s. m. (la-kê ; l's se lie : un la-kê-z effroné)
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Valet de livrée, employé principalement pour suivre son maître ou sa maîtresse.
Qui passera de nous deux ? qui cédera la place à l'autre ? le moins habile ? mais je suis aussi habile que lui ; il faudrait se battre sur cela ; il a quatre laquais, et je n'en ai qu'un : cela est visible, il n'y a qu'à compter ; c'est à moi à céder, et je suis un sot si je conteste
PASCAL, Pensées, V, 6, édition HAVET.Je vous promets un laquais fort grand ; les petits ne sont bons à rien
Mme de Maintenon, Lett. à M. d'Aubigné, t. I, p. 172, dans POUGENS- Alidor, dit un fourbe, il est de mes amis ;Je l'ai connu laquais avant qu'il fût commis Boileau, Sat. IX
- Le bel honneur pour vous en voyant vos ouvragesOccuper le loisir des laquais et des pages Boileau, ib.
L'auteur des Pensées se soumettant aux quatre laquais [laissant passer celui qui a quatre laquais, tandis que lui n'en a qu'un] est bien autrement philosophe que ces penseurs que les quatre laquais ont révolté
Chateaubriand, Génie, III, II, 6Je dis... qu'à nous deux, Monseigneur, nous faisons un assemblage infâme : J'ai l'habit d'un laquais, et vous en avez l'âme
Victor Hugo, Ruy Blas, V, 3
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Mentir comme un laquais, mentir avec impudence, mentir habituellement.
- Parasite effronté, menteur comme un laquais,Vivant toujours d'emprunt et ne payant jamais Destouches, Diss. II, 1
Il y aurait une cruauté révoltante à citer en présence d'un domestique un proverbe qui insultât à sa condition, comme celui-ci : mentir comme un laquais
Mme de Genlis, Veillées du chât. t. II, p. 448, dans POUGENS
Étymologie
Espagn. et portug. lacayo ; ital. lacchè. D'après Diez, laquais provient d'un radical qui est dans le provençal lacai, gourmand ; anc. portug. lecco, répondant au provençal lec, même sens, de l'ancien verbe leccare, lécher, être gourmand. D'autre part, d'Herbelot le tire de l'arabe lacaa, exposer : enfant exposé ; et Pihan, avec plus de vraisemblance, de l'arabe lakiyy, attaché à quelqu'un ou à quelque chose. Ce qui appuie une origine arabe, c'est que le mot est originairement espagnol et portugais, et qu'une de ses formes est alacay ; c'est là que nous l'avons pris, comme le montre l'historique alagues, alacays, et c'est de nous qu'il vient en italien. On remarquera que primitivement il a signifié une sorte de soldat.