Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

latin dans le Littré

1 article· 23 citations· rimes· synonymes

latin, ine s. m. et f. (la-tin, ti-n')

  1. 1Nom d'un ancien peuple de l'Italie, qui habitait le Latium, contrée située entre l'Étrurie et la Campanie, et que Rome finit par conquérir et s'associer.

    • Plus tard, Latin est devenu le nom de tous les peuples de l'Italie.

    • Les Latins, les catholiques de l'Église latine. Les Latins et les Grecs diffèrent de croyance et de pratique en plusieurs points.

    • Latins s'est dit, au temps des croisades, des peuples de l'Occident. L'armée des Latins.

    • Empereurs latins, les empereurs français qui ont régné à Constantinople de 1204 à 1261.

  2. 2Adj. Qui appartient à la nation des latins. Les peuples latins. Les villes latines.

    • Quand Juvénal.... Gourmandait en courroux tout le peuple latin Boileau, Sat. VII
    • Voie latine, route partant de Rome et conduisant à Casilinum.

  3. 3Particulièrement. Qui appartient à la langue de Rome, dont le dialecte était latin et devint la langue de toute l'Italie. Mot latin.

    • La langue latine du temps de Théodose se parlait de Cadix à l'Euphrate Voltaire, Ann. Emp. Introd.
    • Discours latin, harangue latine, vers latins, discours, harangue, vers composés en langue latine.

      • Horace : Puisque je parle si mal votre langue, croyez-vous, messieurs les faiseurs de vers latins, que vous soyez plus habiles dans la nôtre ? Boileau, Dial. contre les mod. etc.
    • Dictionnaire latin et français, dictionnaire où le latin est interprété par le français. Dictionnaire français et latin, dictionnaire où le français est interprété par le latin. On dit plus souvent sans et : Dictionnaire latin-français, français-latin.

    • Terme de grammaire. Cas latin, s'est dit de l'ablatif, parce que cette forme n'existe pas en grec.

    • Le pays latin, le quartier latin, l'espace qu'occupait autrefois l'université de Paris, c'est-à-dire l'espace entre la Seine et la montagne Sainte-Geneviève, et entre la rue du Bac et celle du Cardinal-Lemoine.

    • Familièrement. Cela sent le pays latin, se dit de tout ce qui retient un certain air de collége.

  4. 4L'Église latine, toute l'Église d'Occident, par opposition à l'Église grecque ou d'Orient. Les Pères de l'Église latine.

    • Le rit latin, le rit de l'Église romaine.

  5. 5Terme de marine. Voile latine, voile qui a la forme d'un triangle.

    • Bâtiment latin, bâtiment gréé de voiles triangulaires.

  6. 6S. m. Le latin, la langue latine. Enseigner le latin. Latin de Cicéron, de Tite-Live.

    • Bon latin, mauvais latin, emploi correct, incorrect de la langue latine. Le bas-latin, latin parlé ou écrit après la chute de l'empire romain et durant le moyen âge ; on en distingue deux sortes : l'un antérieur, qui appartient aux premiers siècles et à une latinité encore vivante ; l'autre postérieur, sans existence propre, et qui n'est qu'une forme latine donnée par les notaires et par les moines aux mots de la langue vulgaire.

    • Latin moderne, le latin écrit par les modernes.

    • Fig. Être au bout de son latin, ne savoir plus que faire, que dire, être au bout de son savoir.

    • Perdre son latin, travailler inutilement à quelque chose, y perdre son temps et sa peine.

    • Latin de cuisine, mauvais latin ; on a dit que cette expression vient des jésuites qui étaient dans l'usage de faire demander par les élèves aux valets les objets de première nécessité. C'est du latin de cuisine, il n'y a que les marmitons qui l'entendent.

    • Parler latin devant les cordeliers, parler d'une chose devant des gens qui la savent mieux que nous.

    • Il parle latin, c'est du latin, s'emploie quelquefois pour dire : c'est une chose qu'on ne comprend pas, comme on dit : c'est de l'hébreu.

    • Parlez latin, se dit à quelqu'un qui raconte quelque chose de leste.

  7. 7S. m. Latin s'emploie quelquefois pour latiniste.

  8. 8À la latine, loc. adv. À la façon de la langue latine.

Étymologie

Provenç. latin ; catal. llati ; esp. latino, latin ; ital. latino ; du lat. latinus. Dans l'ancien français, latin signifiait langage, idiome, et surtout la langue vulgaire, et latinier un interprète. Perdre le latin y signifiait perdre la parole, cesser de pouvoir parler sa langue. Quant à y perdre son latin, le sens moderne est : y employer inutilement son latin ; mais le sens propre et ancien est : perdre, oublier ce qu'on sait de latin.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander