lent, ente adj. (lan, lan-t')
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1Proprement, souple, flexible, sens qui est un latinisme rarement usité et seulement en poésie.
- À moins qu'avec adresse un de ses pieds liéSous un cuir souple et lent ne demeure plié, André Chénier, Idylles, Fille du vieux pasteur
- Que son cou faible et lent ne soutient plus sa tête André Chénier, Fragm. de l'art d'aimer.
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2Par un passage du sens de flexible à mou, faible, qui n'agit pas avec promptitude, qui tarde, en parlant des personnes. Il est lent dans tout ce qu'il fait, à tout ce qu'il fait. C'est un esprit lent.
- Un peu trop lent peut-être à servir ma colère Corneille, Rodog. IV, 3
Mangez-le vite [l'agneau pascal], car c'est la victime du passage du Seigneur ; il ne doit y avoir rien de lent ni de paresseux dans ceux qui se nourrissent de la viande que Jésus nous a donnée
Bossuet, Élévat. sur myst. IV, 4- Je le trouvais trop lent à traverser l'Asie Racine, Alex. I, 2
- Mais que Phorbas est lent pour mon impatience ! Voltaire, Œdipe, II, 5
Autant la nature nous a paru vive, agissante, exaltée dans les singes, autant elle est lente, contrainte et resserrée chez ces paresseux
Buffon, l'Unau.
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3Qui manque de promptitude, d'activité, qui tarde, en parlant des choses. Un poison lent. Une mort lente.
L'état de mes affaires ne demande pas des remèdes lents
Vaugelas, Q. C. liv. III, dans RICHELET[Une femme] le matin dans un repos lent et plein de mollesse, et le soir dans un soin frivole de ses ajustements et de ses parures
Bourdaloue, Dim. de la Sexag. Dominic. t. I, p. 423- Quatre bœufs attelés, d'un pas tranquille et lent,Promenaient dans Paris le monarque indolent Boileau, Lutr. II
- J'irais attendre ailleurs une lente vengeance ? Racine, Andr. IV, 3
- Cette même AgrippineQue mon père épousa jadis pour ma ruine,Et qui, si je t'en crois, a de ses derniers jours,Trop lents pour ses desseins, précipité le cours ? Racine, Brit. I, 4
- Moments trop rigoureux,Que vous paraissez lents à mes rapides vœux ! Racine, Bérén. IV, 1
- Échauffez mes transports trop lents, trop retenus Racine, Phèdre, IV, 4
- Le bras de la justice,Quoique lent à frapper, se tient toujours levé J.-B. Rousseau, Odes, I, 12
- Que ces moments, grand Dieu, sont lents pour ma fureur ! Voltaire, Zaïre, V, 6
Les conseils des rois sont un sanctuaire, dont le temps seul ouvre le voile d'une main lente
Raynal, Hist. phil. X, 16Elle n'a rien de la vivacité italienne ; tous ses mouvements sont lents
Mme de Genlis, Ad. et Théod. t. II, p. 32La vengeance est boiteuse, elle vient à pas lents, Mais elle vient
Victor Hugo, Hernani, II, 3
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Terme de marine. Se dit d'un navire qui n'obéit pas assez vivement à l'action du gouvernail.
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4Terme de médecine. Fièvre lente, fièvre continue, peu intense dans ses symptômes, et qui suit une marche chronique. Souvent le mot fièvre lente est synonyme de fièvre hectique.
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Pouls lent, pouls dont les battements sont en nombre moindre que dans l'état normal. On le dit aussi quand la systole est plus prompte que la diastole.
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Remarque
Lent veut à avec les verbes et dans avec les noms : lent à choisir, lent dans son choix. L'ancienne langue disait avec un verbe aussi bien lent de que lent à.
Étymologie
Wallon, lêne, lente (au féminin seulement) ; provenç. lent ; espagn. et ital. lento ; du lat. lentus, flexible, visqueux, lent.
Supplément
.... LENT, suffixe, en latin lentus, qui se trouve dans faeculentus, sanguinolentus, vinolentus, pestilentus, etc. ; il est considéré par Bopp (Gr. comp. §§ 20, 795) comme une altération phonétique du suffixe sanscr. vant, qui signifie pourvu de, muni de. Corssen (Beitr. p. 304) combat, et il a raison, cette théorie, et nie que le v devienne l en latin ; il pense que vant devient ent, qui se trouve dans cruentus, fluentus, etc. ; que l'l appartient à un suffixe précédent : pestilentus, de pest-il-entus, faeculentus, de faec-ul-entus, etc. ; et que le suffixe lentus ainsi formé s'est introduit dans sanguinolentus, vinolentus, où l'l est inorganique.