Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

liard dans le Littré

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1liard s. m. (liar)

  1. Peuplier noir.

    • Poire de liard, nom d'une poire grise.

Étymologie

L'anc. adj. franç. liart, qui signifiait gris pommelé ; prov. liar, lear ; ital. leardo. Origine incertaine. On a cité le gaélique liath ; kimry, llâi, gris brun ; bret. louet, loued, mots auxquels il manque une r. Diez indique de préférence l'anc. franç. lié, gai, disant que le liart est une couleur gaie ; mais il y a une forte transposition de sens, et l'r manque aussi.

2liard s. m. (liar ; le d ne se prononce et ne se lie jamais ; au pluriel, l's ne se lie pas : des liar amassés ; cependant quelques-uns la lient : des liar-z amassés)

  1. 1Petite monnaie de cuivre qui valait trois deniers, le quart d'un sou, et un peu plus qu'un centime.

    • Ils [les paysans révoltés de la Sologne] demandent deux choses, savoir qu'on leur rabatte quelque chose de la taille, et que les liards aient un cours libre dans les payements qu'ils auront à faire GUI PATIN, Lettres, t. II, p. 398
    • Parmi les tas de blé vivre de seigle et d'orge ;De peur de perdre un liard souffrir qu'on vous égorge Boileau, Sat. VIII
    • Être amoureux et ne l'être pas, ma foi, je donnerais le choix pour un liard Marivaux, Surpr. de l'amour, II, 5
    • Quelle foule d'idées et d'images ! avec une petite lime de deux liards, que tout cet or là serait parfaitement travaillé ! vous créez et je ne sais plus que raboter Voltaire, Lett. Pr. roy. de Pr. 15 févr. 1739
    • Qu'un ramoneur y vende [à Paris] Mon buste pour six liards Béranger, Jean de Paris.
    • N'avoir pas un liard, n'avoir pas le liard, n'avoir pas un rouge liard, être fort pauvre, ou être sans argent pour le moment (rouge liard se dit à cause de la couleur du cuivre de cette monnaie).

  2. 2Il se dit d'une très petite somme indéterminée.

    • Depuis lors j'ai fourni de mon argent, de mon encre, papier, cire, bougie, sans qu'il m'en ait jamais remboursé un liard J.-J. Rousseau, Conf. VII
    • Je n'en donnerais pas un liard, se dit en parlant d'une chose dont on ne fait aucun cas.

    • Chose à deux liards, chose qui est sans valeur.

      • Bêtise, oui bêtise, j'en demeure d'accord, c'est du style à deux liards Paul-Louis Courier, Lett. I, 167
    • Par exagération. Il se ferait fesser pour un liard, il est excessivement avare. On dit, dans le même sens : il couperait un liard en deux.

  3. 3Terme de minéralogie. Liard de Saint-Pierre, se dit de pierres calcaires aplaties, ayant la forme de pièces de monnaie.

Étymologie

Picard, liard. Origine incertaine. D'après Ménage et Génin, liard était un nom propre : la famille des Liards était de Crémieu en Dauphiné, où le dauphin de Viennois battait monnaie ; et ce fut un Guigues Liard qui inventa sous Louis XI, en 1430, la piécette qui retint son nom. D'autres pensent que le liard provient de l'ancien adjectif liart, gris ; mais, d'après Diez, le sens repousse cette étymologie. D'autres, et Diez est du nombre, croient que le liard est le même que le hardi, sorte de monnaie ; l'historique est favorable à cette opinion, et il semble que hardi et liard y sont identiques. Le hardi valait trois deniers comme le liard. Le hardi, bas-lat. arditus, ardicus, limousin ordi, esp. ardite, vient, suivant quelques-uns, du nom de Philippe le Hardi, qui fit battre cette monnaie ; mais elle paraît propre au midi de la France et à l'Espagne ; aussi faut-il de préférence admettre comme origine le mot basque ardita.

3liard s. m. (liar) supplément

  1. Un des noms provinciaux de l'osier.

Étymologie

Lier.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander