Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

louvoyer dans le Littré

1 article· 3 citations· rimes· synonymes· conjugaison

louvoyer v. n. (lou-vo-ié ; plusieurs disent louvoi-é. L'y se change en i toutes les fois qu'il est suivi d'un e : louvoie)

  1. 1Terme de marine. Porter le cap d'un côté, et puis revirer de l'autre, pour ménager un vent contraire et ne pas s'éloigner de la route qu'on veut tenir.

    • Le vent étant devenu contraire, ils furent obligés de louvoyer, dans l'espérance qu'il changerait Lesage, Diable boit. ch. XV, dans POUGENS
  2. 2Fig. Prendre des détours pour arriver à un but où l'on ne peut aller directement.

    • Quand il ne s'agit que d'aller contre le vent, on louvoie J.-J. Rousseau, Ém. I
    • Je l'entendis seulement qui me disait quelques mots pour m'engager à retarder mon départ, à écrire à mon père que j'étais malade, enfin à louvoyer avec sa volonté Mme de Staël, Corinne, XII, 1
    • Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

Étymologie

Danois, lovere ; suédois, lofva et lofvera. La seule forme un peu ancienne que l'on possède est loveer et même aloveer, elle se rapproche tout à fait du danois, et elle écarte loup : aller à la manière des loups. Outre que ce sens serait bien peu satisfaisant, on sait que beaucoup de nos termes de marine proviennent des langues du nord. On a dit aussi, au XVIe siècle, une mer louve pour une mer mauvaise (voy. l'historique du mot LOUVE) ; mais louvoyer n'est pas aller par une mer mauvaise.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander