lugubre adj. (lu-gu-br')
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1Qui est signe de deuil.
- Voiles, crêpes, habits, lugubres ornements Corneille, Cid, IV, 1
Quand quelqu'un était mort dans une famille, tous les parents et tous les amis quittaient leurs habits ordinaires pour en prendre de lugubres, et s'abstenaient du bain, du vin et de tous mets exquis
Rollin, Hist. anc. Œuv. t. II, p. 83, dans POUGENS
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2Qui marque, qui inspire les larmes, la douleur.
Les îles ne trembleront-elles pas au bruit de votre chute et aux cris lugubres de ceux qui seront tués dans le carnage qui se fera au milieu de vous ?
Saci, Bible, Ézéch. XXVI, 15Cette chanson me semble un peu lugubre ; elle endort, et je voudrais que vous la pussiez un peu ragaillardir par-ci par-là
Molière, Bourg. gent. I, 2Dans une occasion plus lugubre, lorsqu'en punition de son péché il [David] fuyait devant Absalon
Bossuet, Polit. VII, III, 8- Là d'un enterrement la funèbre ordonnanceD'un pas lugubre et lent vers l'église s'avance Boileau, Sat. VI
Nous sommes dans l'année centenaire et dans le mois de la Saint-Barthélemi, fête un peu lugubre dans laquelle en effet les frères assommèrent leurs frères
Voltaire, Polit. et législ. Procès de Mlle Camp.Le croassement du corbeau, le cri du hibou pendant la nuit ne présagent non plus le malheur que le chant de l'alouette et du rossignol n'annonce un heureux événement ; mais ils sont lugubres....
Diderot, Claude et Nér. II, 98Mais comment expliquer ces lugubres accès ?
Ducis, Haml. II, 5- Ma vie est sans couleur, et mes pâles journéesM'offrent de longs ennuis l'enchaînement certain,Lugubres comme un soir qui n'eût pas de matin M. J. CHÉNIER, la Promenade.
Où sont-ils les marins sombrés dans les nuits noires ? Ô flots ! que vous savez de lugubres histoires !
Victor Hugo, Rayons et ombres, Oceano nox.
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Homme lugubre, celui dont l'air, la contenance, les paroles n'inspirent que des idées de tristesse.
Étymologie
Lat. lugubris, de lugere, pleurer, qui tient au radical sanscrit ruj, blesser, affliger, rauga, maladie.