Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

méchanceté dans le Littré

1 article· 13 citations· rimes· synonymes

méchanceté s. f. (mé-chan-se-té)

  1. 1Vice de ce qui est médiocre, sans qualité.

    • On avait beau leur répondre que la méchanceté même des vers marquait qu'ils partaient d'un dieu qui avait un noble mépris pour les règles, ou pour la beauté du style.... Fontenelle, Oracl. II, 6
  2. 2Penchant à être méchant, à faire du mal.

    • Ne comptez-vous pour rien le plaisir que l'on a à connaître tous les matins la méchanceté des gens, couverte du nom de zèle, et tous les soirs leurs sottises déguisées en pénétration ? Retz, Mém. liv. IV, t. III, p. 173, dans POUGENS
    • Comme la méchanceté est timide, elle se condamne par son propre témoignage Saci, Bible, Sagesse, XVII, 10
    • La méchanceté qu'on emploie à diffamer un homme prouve que ce n'est point pour sa méchanceté qu'il est diffamé J.-J. Rousseau, 3e dialogue
    • La méchanceté se trouve aujourd'hui l'âme de certaines sociétés Duclos, Consid. mœurs, ch. 8
    • Familièrement. Il se dit de l'opiniâtreté des enfants. La méchanceté de cette petite fille.

  3. 3Action méchante.

    • Si vous avez ouvert les lettres, c'est une grande méchanceté que de m'en faire tant la guerre Voiture, Lett. 24
    • Et de tant de pays nomme quelque contréeDont tes méchancetés te permettent l'entrée Corneille, Médée, II, 2
    • Je me renferme à comprendre qu'on vous fait des méchancetés ; je ne puis les deviner, et ne vois point d'où elles peuvent venir Mme de Sévigné, 138
    • J'aime à rapporter vos propres termes ; c'est ma plus grande méchanceté J.-J. Rousseau, Lett. à l'archev. de Par.
    • Je n'ai jamais fait dans ma vie qu'une méchanceté, disait un jour Rulhière à Chamfort. - Quand finira-t-elle, lui répliqua Chamfort ? SAINTE-BEUVE, Art. sur Chamfort.
  4. 4Parole dite dans l'intention de nuire, d'offenser.

    • Il y a bien plus de gens qui se connaissent en méchancetés qu'il n'y en a qui se connaissent en style Voltaire, Lett. Damilaville, 29 août 1762
    • Tant que Fréron amusera les oisifs par ses méchancetés hebdomadaires, on négligera les autres ouvrages périodiques qui ne seront qu'utiles et raisonnables Voltaire, Lett. d'Argental, 11 mars 1764
    • Croyez qu'il n'y a pas de plate méchanceté, pas d'horreurs, pas de conte absurde qu'on ne fasse adopter aux oisifs d'une grande ville en s'y prenant bien Beaumarchais, Barb. de Sév. II, 8

Étymologie

L'ancien franç. meschance (voy. MÉCHANT) a donné meschanceté ; meschant avait donné dans le XVIe siècle meschantise.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander