Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

méditation dans le Littré

1 article· 16 citations· rimes· synonymes

méditation s. f. (mé-di-ta-si-on ; en vers, de cinq syllabes)

  1. 1Action de méditer.

    • La méditation que je fis hier m'a rempli l'esprit de tant de doutes qu'il n'est plus désormais en ma puissance de les oublier Descartes, Médit. II, 1
    • Semblable en quelque chose à cet ancien que l'on dit qui se creva les yeux pour n'être pas distrait dans ses méditations philosophiques FONT., Amontons.
    • Enfin, comme dit Josèphe, la guerre était pour eux [les Romains] une méditation, la paix un exercice Montesquieu, Rom. 2
    • Ma tête, fatiguée et presque épuisée par quarante ans de méditations profondes D'Alembert, Lett. au roi de Pr. 15 août 1776
    • L'esprit humain ne peut rien créer ; il ne produira qu'après avoir été fécondé par l'expérience et la méditation Buffon, Récept. Acad.
    • Il est des hommes pour qui une méditation profonde est un besoin ; tout ce qui est difficile leur paraît grand Condorcet, Duhamel.
    • S'il est un genre de littérature où l'homme, pour ainsi dire, domine l'écrivain, où la vie active ait besoin de fortifier et d'éclairer les méditations du cabinet, certes c'est l'histoire VILLEM., Littér. franç. 18e siècle, 2e part. 4e leç.
    • Au sens actif, la méditation d'un esprit, l'action d'un esprit qui médite.

      • C'est ici [l'oraison funèbre de M. de Montausier] une effusion de mon cœur, plutôt qu'un ouvrage et une méditation de mon esprit Fléchier, Duc de Mont.
    • Au sens passif, la méditation d'une chose, la méditation dont une chose est l'objet.

      • Je fais une allée nouvelle qui m'occupe ; je paye mes ouvriers en blé, et ne trouve rien de solide que de s'amuser, et de se détourner de la triste méditation de nos misères [les souffrances de la Bretagne] Mme de Sévigné, 27 oct. 1675
      • Je reconnais dans ses écrits l'homme que je retrouvais en moi, et leur méditation m'apprenait à tirer de moi-même la jouissance et le bonheur que tous les autres vont chercher si loin d'eux J.-J. Rousseau, 1er dial.
      • Ce spectacle [des ruines] tourna mon esprit vers la méditation des temps passés, et suscita dans mon cœur des pensées graves et profondes VOLNEY, Ruines, 1
    • Anciennement, chambre des méditations, chambre disposée dans certains monastères pour méditer.

      • Parmi les superstitions dangereuses de ces temps, il y en avait une capable d'égarer les esprits : c'était une chambre de méditations ; les murs étaient peints de représentations de démons, de tourments et de flammes, éclairés d'une lueur sombre ; une imagination sensible et faible en était souvent frappée jusqu'à la démence Voltaire, Mœurs, 174
  2. 2Écrit composé sur un sujet de dévotion, de philosophie. La première Méditation de Descartes.

    • Poëme d'un caractère élégiaque sur la contemplation de Dieu, de la nature, de l'homme. Les Méditations de Lamartine.

  3. 3Oraison mentale ; goût pour cette oraison. Les religieux font la méditation. Entrer en méditation.

    • Cette personne qui a assurément bien plus de vertu et de méditation que moi Pascal, Lett. à Mlle Roannez, 7
    • Ni les divertissements, ni les fatigues des voyages, ni aucune occupation ne lui faisait perdre ces heures particulières qu'elle destinait à la méditation et à la prière Bossuet, Mar.-Thér.

Étymologie

Esp. meditacion ; ital. meditazione ; du lat. meditationem, qui vient de meditari, méditer.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander