ménager, ère adj. (mé-na-jé, jè-r')
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1Qui entend le ménage.
Il faut, par exemple, que la raison nous rende ménagers de notre bien et de notre confiance, et il faut au contraire que la nature nous donne la bonté et la valeur
La Rochefoucauld, Max. 365
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Économe.
Loin d'ici ces personnes ménagères qui ont reçu beaucoup et qui donnent peu
Fléchier, Panég. II, 322Elle trouvait honteux que l'avarice n'eût point de bornes, que le luxe se répandît en superfluités infinies, et qu'il n'y eût que la charité qui fût ménagère et resserrée
Fléchier, Aiguillon.Les Syriens sont industrieux, patients, laborieux, propres, sobres et ménagers
Fénelon, Tél. IIIJe serai au comble de ma joie, si je vous vois enfin ménagères, pauvres en esprit, et épargnant pour donner, comme les avares épargnent pour amasser
Mme de Maintenon, Lett. à Mme de R. 11 oct. 1693
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Fig.
- Le sage est ménager du temps et des paroles La Fontaine, Fabl. VIII, 26
On doit être ménager des moyens que la nature nous donne
Montesquieu, Esp. VI, 12
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2S. m. et f. Ménager, ménagère, celui, celle qui entend le ménage. Elle est bonne ménagère.
- La ménagère eut les coiffeuses La Fontaine, Fabl. II, 20
Une ménagère des champs peut être une femme charmante, aussi pleine de grâces, et de grâces plus touchantes, que toutes les petites maîtresses
J.-J. Rousseau, Hél. 2e préf.- La sage ménagère à ses humbles foyersRanime en haletant la flamme qui sommeille Delille, Énéide, VIII
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Celui, celle qui est économe.
Et puis l'un [refuser un bienfait demandé] est le trait d'un mauvais homme, et l'autre [prêter une petite somme à quelqu'un qui n'est pas sûr] d'un mauvais ménager
Malherbe, le Traité des bienf. de Sénèque, IV, 33
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Fig.
J'apprends partout que vous [un militaire] n'êtes pas meilleur ménager de votre personne que vous l'êtes de toute autre chose
Voiture, Lett. 119- Un roi dont la prudence a de meilleurs objetsEst meilleur ménager du sang de ses sujets Corneille, Cid, II, 7
....Des moindres moments Bons ménagers furent nos deux amants
La Fontaine, Gag.- Mais violent dans ses désirs,Et grand ménager de soupirs La Fontaine, Fianc.
Jamais homme plus doux [que Vauban], plus obligeant, mais respectueux, sans nulle politesse, et le plus avare ménager de la vie des hommes
Saint-Simon, 116, 1
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3S. f. Ménagère, servante qui a soin du ménage de quelqu'un.
Au milieu d'eux une femme d'un esprit et d'un sens profond, mais qui, enveloppée dans son extérieur de bonhomie et de simplicité, avait plutôt l'air de la ménagère que de la maîtresse de la maison
Marmontel, Mém. IV- Dans sa maturité sévère,Dans sa femme que chercha-t-il ?Une très simple ménagère.... Ducis, le Ménage des deux Corneille.
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Parmi le peuple, un mari appelle quelquefois ménagère sa femme.
Mais tu sais bien que notre ménagère Est la plus belle....
La Fontaine, Troq.Commissaire ! commissaire ! Colin bat sa ménagère
Béranger, Bon ménage.
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4S. m. Ménager s'est dit autrefois pour chef de ménage.
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Ce sens a vieilli.
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Étymologie
Ménage.
Supplément
2. MÉNAGER. Ajoutez : - REM. Au n° 4 en interprétant le vers de Racan : Et prenez en son lieu quelque bon ménager, le Dictionnaire dit que ménager signifiait anciennement chef de ménage ; c'est une erreur d'après M. Delboulle, Gloss. de la vallée d'Yères, le Havre, 1876, p. 223, par ce motif que ménager signifie encore aujourd'hui fermier en Normandie. Un bon ménager signifierait donc un bon fermier. Mais l'argument tiré de l'usage normand n'est pas décisif ; car Racan était né en Touraine.