Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

mépris dans le Littré

1 article· 33 citations· rimes· synonymes

mépris s. m. (mé-prî ; l's se lie : un mé-pri-z insultant)

  1. 1Prix inférieur à la valeur réelle.

    • C'est le cours du marché des affaires humaines, Qu'encore qu'un chacun vaille ici-bas son prix, Le plus cher toutefois est souvent à mépris Régnier, Sat. XI
    • Vieilli en ce sens.

  2. 2Fig. Sentiment par lequel on ne tient pas en prix, absence d'estime, de considération pour une personne ou une chose.

    • Quelque raison qu'on ait, on est dans le mépris,Lorsque l'on abandonne un parti qu'on a pris Tristan L'Hermite, Panthée, I, 5
    • Je vois par raison et par expérience que rien n'est plus propre [que les arguments tirés de l'ordre de la nature en faveur de la religion] à leur [aux incrédules] en faire naître le mépris Pascal, Pens. XXII, 2, éd. HAVET.
    • Quelle erreur à une chrétienne, et encore à une chrétienne pénitente, d'orner ce qui n'est digne que de son mépris ! Bossuet, Anne de Gonz.
    • Qui vit jamais paraître en cette princesse le moindre sentiment d'orgueil ou le moindre air de mépris ? Bossuet, Duch. d'Orl.
    • Vous vous taisez, madame, et ce cruel méprisN'a pas du moindre trouble agité vos esprits Racine, Androm. IV, 2
    • L'horreur et le mépris que cette offre m'inspire Racine, Bajaz. V, 4
    • Le mépris est un sentiment froid qui ne pousse à aucun procédé violent Diderot, Claude et Nér. I, 67
    • .... Ce loyal méprisQue tout mauvais auteur inspire aux bons esprits GILBERT, Mon apologie.
    • Ce mépris froid et tranquille que doit inspirer la folie unie à la perversité Mme de Genlis, Veillées du château t. III, p. 174, dans POUGENS
    • Il [Napoléon] haussa les épaules [en apprenant que Moscou était déserte], et, avec cet air de mépris dont il accablait tout ce qui contrariait son désir, il s'écria : ah ! les Russes ne savent pas encore l'effet que produira sur eux la prise de leur capitale Ségur, Hist. de Nap. VIII, 4
    • Mon inconnu soupira ; un sourire de regret et de mépris vint effleurer ses lèvres SCRIBE, le Prix de la vie, dans les Hist. et prov.
  3. 3L'objet même du mépris.

  4. 4Le sentiment par lequel on s'élève au-dessus des attachements ordinaires du cœur humain. Le mépris de la mort, des richesses.

    • Ce mépris du malheur, si grand s'il avait coûté plus d'efforts, si héroïque s'il ne venait pas de la même source qui rend incapable des affections profondes Mme de Staël, Corinne, I, 3
  5. 5Au plur. Il se dit de paroles ou actes de mépris.

  6. 6Au mépris de, loc. prépos. Sans avoir égard à.

    • En mépris de, loc. prépos. Par un sentiment de mépris pour. En mépris du devoir.

Proverbes

La familiarité engendre le mépris. Il n'y a point de dette sitôt payée que le mépris.

Étymologie

Substantif abstrait formé de mépriser (voy. ce mot). Mépris ne se trouve pas dans l'ancienne langue. Provenç. menespretz ; catal. menyspreu ; espagn. menosprecio ; portug. menospreço. Mesprisement a été dit quelquefois dans le XVIe siècle :

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander