1mur s. m. (mur)
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1Ouvrage de maçonnerie dressé et portant en terre sur des fondements, ou sur un plancher artificiel. Un mur solide. Le mur s'écroula.
- Ainsi tel autrefois qu'on vit avec FaretCharbonner de ses vers les murs d'un cabaret.... Boileau, Art poét. I
Vous êtes en des lieux soumis à sa puissance [de Néron] ; Ces murs mêmes, seigneur, peuvent avoir des yeux
Racine, Brit. II, 6- Des murs de ce palais ouvrez-lui la barrière Racine, Bajaz. I, 2
- Et jusqu'au pied des murs que la mer vient laver Racine, ib. V, 11
Déjà leurs mains [des Cosaques] avides de pillage s'étendaient, quand tout à coup tous sont détruits, écrasés, lancés dans les airs avec ces murs [du Kremlin] qu'ils venaient dépouiller
Ségur, Hist. de Nap. IX, 6
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Ne laisser que les murs, se dit de celui qui emporte tout ce qui est dans une maison, dans un appartement.
- ....La nuit passée, un nombre de banditsN'a laissé que les murs dans le prochain logis Regnard, Fol. amour. I, 3
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Entre quatre murs, dans un logis non meublé.
Elle vit sous un toit entre quatre murs tout dépouillés
Diderot, Père de famille, I, 7
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Entre quatre murs, se dit aussi pour en prison. On l'a mis entre quatre murs.
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Fig. Être au pied d'un mur sans échelle, manquer une affaire, une entreprise pour ne s'être pas pourvu de ce qui était nécessaire.
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Fig. Mettre un homme au pied du mur, le forcer à prendre un parti, ou bien le réduire à ne pouvoir rien répondre.
Ils sont au pied du mur par notre concert
Bossuet, Lett. quiét. 288Le procureur général continuait ses difficultés, et, lorsqu'on croyait l'avoir mis au pied du mur, il en inventait de nouvelles
Saint-Simon, 280, 58
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Par plaisanterie, on dit qu'un mur crève de rire, pour exprimer qu'il est crevassé, ruineux.
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Il vaudrait autant se battre la tête contre un mur, c'est se donner la tête contre un mur, c'est donner de la tête contre un mur, se dit pour exprimer qu'on s'efforce inutilement.
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Vous tirerez aussitôt, vous tirerez plutôt de l'huile d'un mur, se dit à celui qui veut avoir de l'argent d'un avare, ou obtenir quelque chose d'un homme dur.
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Cet homme tirerait de l'huile d'un mur, par son adresse et par son industrie il tirerait de l'argent, des secours, d'où les autres n'en pourraient jamais tirer.
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2Gros mur, un des principaux murs sur lesquels porte tout le bâtiment.
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Mur de face, gros mur qui est à la face du bâtiment.
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Mur latéral, celui qui forme l'un des côtés.
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Mur de pignon, mur qui s'élève jusqu'au-dessous du toit, le supporte et en a la forme.
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Mur de refend, voy. REFEND.
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Mur de parpaing, mur formé de pierres qui en traversent l'épaisseur.
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Mur de clôture, mur qui enferme les cours, les jardins, les parcs, etc.
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Mur d'appui, celui qui n'est qu'à la hauteur d'un mètre ou environ.
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Murs d'un parc, d'un jardin, les murs qui enferment un parc, un jardin.
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Mur de terrasse, mur qui retient les terres d'une terrasse, d'une plate-forme, d'un boulevard.
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Mur de dossier, celui qui s'élève au-dessus d'un toit et auquel sont adossés des tuyaux de cheminée.
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Aile de mur, partie d'un mur de dossier qui excède l'emplacement qu'occupent les tuyaux de cheminée, et qui a ordinairement la forme d'un trapèze
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Mur bouclé ou soufflé, celui dans lequel le parement est détaché de la masse.
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Mur en ailes, mur qui sert à arc-bouter un mur de face ou un pignon.
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Mur en l'ait, mur qui porte à faux.
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Mur en décharge, mur dont le poids est allégé par des arcades.
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Mur de douve, mur intérieur d'un réservoir.
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Mur planté, mur fondé sur pilotis ou sur une grille de charpente.
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Mur mitoyen, voy. MITOYEN.
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3Murs d'une ville, ou, absolument, les murs, les murs qui entourent une ville.
- Il est doux de revoir les murs de la patrie Corneille, Sertor. III, 2
- Dans les murs, hors des murs, tout parle de sa gloire Corneille, Hor. V, 3
- Et de Jérusalem l'herbe cache les murs ! Racine, Esth. I, 1
- Quelle gloire il acquit dans ces tristes combatsPerdus par les chrétiens sous les murs de Damas ! Voltaire, Zaïre, I, 1
- Que tous les protestants, à la fois accablés,Dans les murs, hors des murs, soient en foule immolés M. J. CHÉN., Charles IX, IV, 5
Diodore de Sicile rapporte que des écrivains postérieurs à Ctésias bornaient la hauteur de ces murs [de Babylone] à cinquante coudées, et c'est l'opinion suivie par Strabon ; or cinquante coudées du grand stade de Babylone vaudraient environ 13 mètres ou 71 de nos pieds
GOSSELIN, Instit. Mém. inscr. et belles-lett. t. VI, p. 127
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4Murs, au pluriel, se dit quelquefois pour ville.
Depuis combien de temps êtes-vous dans nos murs ? Du fleuve ainsi dompté [le Rhin] la déroute éclatante à Wurts jusqu'en son camp va porter l'épouvante ; Wurts, l'espoir du pays et l'appui de ses murs
Boileau, Ép. IV- Attaquons dans leurs murs ces conquérants si fiers Racine, Mithr. III, 1
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5Se dit de diverses murailles construites pour arrêter des invasions. Le mur d'Adrien, de Sévère.
Après trois jours de marche, on arriva au mur de la Médie, qui a cent pieds de haut, vingt de large, et vingt lieues d'étendue
Rollin, Hist. anc. Œuvr. t. IV, p. 179, dans POUGENS
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6Fig. Défense, protection.
- Je vais citer un prince aimé de la victoire ;Son nom seul est un mur à l'empire ottoman La Fontaine, Fabl. X, 1
Sparte avait subsisté longtemps, sans avoir d'autres murs ni d'autre défense que le courage de ses citoyens
Rollin, Hist. anc. Œuvr. t. VIII, p. 453, dans POUGENS
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On s'en sert quelquefois pour exprimer que des soldats supportent le feu comme le ferait une muraille. Ces hommes-là sont des murs.
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Un mur d'airain, une défense dont rien ne peut triompher.
Cet homme que Dieu avait mis autour d'Israël comme un mur d'airain où se brisèrent tant de fois toutes les forces de l'Asie
Fléchier, Turenne.
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7Fig. Mur de séparation, mur d'airain, se dit des causes qui séparent deux personnes. Il y a un mur d'airain entre ces deux hommes.
Il [Jésus-Christ] a détruit ce mur de séparation qui l'éloignait de l'homme
Massillon, Carême, Temples.Cette passion [le goût des voluptés] seule éleva un mur de séparation entre Dieu et le pécheur
Massillon, Carême, Prod.
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8Dans les mines, mur se dit de la partie inférieure, par opposition à la partie supérieure qui se nomme le toit.
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9Terme d'escrime. Tirer au mur, pousser de tierce ou de quarte à quelqu'un qui ne fait que parer. Parer au mur, parer les coups de celui qui tire au mur.
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10Grand mur, se dit, à la paume, du mur contre lequel il n'y a pas de toit.
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11Terme de manége. Gratter le mur, se dit d'un écolier qui s'approche trop du mur.
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12Morts murs, parois d'un four de fusion.
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Proverbialement. Les murs ont des oreilles, c'est-à-dire quand on s'entretient de quelque chose de secret, il faut parler avec beaucoup de circonspection, de peur d'être écouté.
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13Battre les murailles, les murs, se dit d'un homme ivre qui trébuche en marchant et va heurter les murailles.
Puis, ronds comme des futailles, Du corps battant les murailles, Escortés de cent canailles Ils regagnent la maison
Chanson des trois frères quêteurs qui s'enivrent aux dépens du monastèreLe 22 août, en plein midi, le prévenu était ivre et battait les murs de la rue
Gaz. des Trib. 27 août 1870
Synonymes
MUR, MURAILLE. Muraille, représentant le pluriel neutre latin muralia, implique essentiellement une idée collective, ou, ce qui en dérive, une idée de grandeur et d'étendue, et se distingue par là de mur qui n'indique qu'un mur en particulier, ou en général un mur quelconque, grand ou petit.
Étymologie
Wallon, meur ; provenç. mur, s. m. et mura, s. f. ; esp. et port. muro ; du lat. murus ; anc. lat. moirus.