Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

mais dans le Littré

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1mais (mê ; l's se lie : mê-z un homme, mê-z aussi)

  1. 1Adv. qui signifie plus, et qui, usité en ce sens dans l'ancienne langue, ne se conserve plus aujourd'hui que dans la locution suivante : pouvoir mais, avec une négation ou une interrogation, n'être pas cause de, n'être pas responsable de.

  2. 2Dans le sens de oui, certes, qui est une extension du sens de plus.

    • Il se dit familièrement avec oui servant de réponse, et ne fait que renforcer l'affirmation. Viendrez-vous ? - Mais oui.

  3. 3Conjonc. servant à marquer opposition, restriction, différence parce que le sens fondamental de plus qui y est, met en regard deux propositions, et les lie entre elles, soit passant de la plus faible à une autre plus forte, soit par différence ou opposition. Il est riche, mais avare.

  4. 4Il s'emploie pour rendre raison de quelque chose. Je l'ai, il est vrai, maltraité, mais j'en avais sujet.

  5. 5Il peut se répéter pour donner plus de force à l'opposition.

    • Immolez, non à moi, mais à votre couronne,Mais à votre grandeur, mais à votre personne... Corneille, Cid, II, 9
    • Ce n'est point parce que ses passions le rendent contraire à Dieu, mais parce qu'elles troublent son repos, mais parce qu'elles lui causent de mortels chagrins, mais parce qu'il se voit souvent dans l'impuissance de les satisfaire... Bourdaloue, Myst. Concept. de la Vierge, t. II, p. 14
    • À l'instant il s'éleva dans tout Israël un seul cri, mais éclatant, mais unanime J.-J. Rousseau, Lév. d'Éphr. ch. 3
  6. 6Mais.... mais.... à la fin d'une objection, se dit pour faire pressentir des objections, des restrictions qu'on ne veut pas exprimer.

    • Les soupers du roi [de Prusse] sont délicieux ; on y parle raison, esprit, science ; la liberté y règne, il est l'âme de tout cela ; point de mauvaise humeur, point de nuage, du moins point d'orages ; ma vie est libre et occupée ; mais.... mais... ; je suis en train de dire des mais Voltaire, Lett. Mme Denis, 6 nov. 1750
  7. 7Il peut se joindre à cependant et ne fait que le renforcer.

    • Mais cependant ce jour il épouse Andromaque Racine, Andr. IV, 3
  8. 8Mais avec non exprime une négation sous forme d'objection.

    • Le peuple [juif] pour qui Dieu a fait des choses si étonnantes va sans doute être le maître de l'univers ; mais non, le fruit de tant de merveilles est de souffrir la disette et la faim dans des sables arides Voltaire, Dict. phil. Moïse.
  9. 9Mais s'emploie, dans la conversation, au commencement d'une phrase, qui a quelque rapport à ce qui précède. Mais, dites-moi, que voulez-vous faire de tous ces livres ? Mais encore quel parti prenez-vous ? Mais, qu'avez-vous dit ? Mais enfin, à quoi en voulez-vous venir ?

    • Il sert quelquefois de transition pour revenir à un sujet qu'on avait laissé, ou pour quitter celui dont on parlait. Mais revenons à notre propos. Mais c'est trop parler de cela.

  10. 10Mais s'oppose à non-seulement, dans deux membres de phrases qui se correspondent, et exprime une addition à ce qui est signifié par non-seulement. Non-seulement il est bon, mais encore il est généreux. Non-seulement on le blâme, mais même on l'accuse.

  11. 11Il s'emploie sans verbe, d'une manière exclamative, pour exprimer la surprise, le blâme.

    • Cela est bon pour une demoiselle de St-Cyr : mais une véritable abbesse ! Mme de Maintenon, Lett. à Mme de la Viefville, 4 mars 1706
  12. 12Mais ne vous en déplaise, se dit quand on veut contredire quelqu'un.

  13. 13Eh mais, se dit pour exprimer le doute, l'hésitation, la suspension.

    • Que dit-elle ? une affaire, où je suis Intéressée !... eh mais ! à ceci je ne puis Rien comprendre... COLLIN D'HARLEVILLE, Optimiste, V, 7
    • Il marque aussi l'étonnement. Eh mais ? qu'y a-t-il là-dedans ?

  14. 14S. m. Objection, difficulté.

    • C'est un homme qui n'a ni si ni mais, un homme franc, qui ne cherche ni excuse ni prétexte.

    • Des mais, des si, des car, se dit des objections, des difficultés qu'on oppose à une chose simple.

    • Il y a un mais se dit pour signifier qu'il y a des critiques à faire.

  15. 15Mais que, ancienne conjonction qui est aujourd'hui hors d'usage, et qui signifiait dès que. Cette conjonction est encore très usitée dans les campagnes normandes.

    • Vous pouvez penser comme il fera, mais qu'il soit [dès qu'il sera] doyen des cardinaux Malherbe, Lexique, éd. L. Lalanne.
    • L'affection avec laquelle j'embrasserai votre affaire, mais que je sache [dès que je saurai] ce que c'est, vous témoignera... Malherbe, ib.

Étymologie

Wallon, main, mâie, dans le sens de jamais ; Hainaut, mé ; provenç. mais, mai, mas, ma ; cat. may ; esp. et port. mas ; ital. ma et mai ; du lat. magis, qui signifie plus, davantage. Le patois normand conserve deux anciens emplois de mais : Il n'a mais que dire, il n'a plus rien à dire ; et mais que dans le sens de lorsque : Mais que j'aille chez vous, je vous l'apporterai.

2maïs s. m. (ma-i ; d'autres font sentir l's et disent ma-is')

  1. 1L'une des céréales qui contribuent à la nourriture de l'homme et des animaux domestiques. Maïs cultivé, zea mays, L. dit vulgairement maïs, turquet, blé d'Espagne et blé de Turquie.

    • Maïs quarantain, maïs hâtif qui vient en quarante jours.

  2. 2Le grain. Égrener le maïs.

  3. 3La farine. Faire cuire du maïs. Tourte de maïs. Bouillie de maïs.

  4. 4Maïs dent de cheval, voy. DENT au Supplément.

  5. 5Maïs noir, le dekkelé, voy. ce mot au Supplément.

Étymologie

Mahis, mot haïtien, d'après Hernandez, Hist. plant. VI, 44. M. le professeur Fée dit (Souvenirs de la guerre d'Espagne, p. 128) que, d'après un passage d'Antonio Solis, on ne peut douter que le maïs ne soit originaire d'Amérique ; ainsi le nom de blé de Turquie est impropre.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander