Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

malignité dans le Littré

1 article· 16 citations· rimes· synonymes

malignité s. f. (ma-li-gni-té)

  1. 1Inclination à faire, à penser, à dire du mal.

    • Je n'ai pas cette basse malignité de haïr un homme à cause qu'il est au-dessus des autres VOITURE, Lett. 74
    • La malignité qui est cachée et empreinte dans le cœur de l'homme Pascal, Pens. XXV, 144, éd. HAVET.
    • Quand la malignité a la raison de son côté, elle devient fière, et étale la raison en tout son lustre Pascal, ib. VI, 12
    • Soutenir le ministre éloigné [Mazarin] contre sa mauvaise fortune, contre la malignité de ses ennemis Bossuet, le Tellier.
    • Ainsi parle un esprit languissant de mollesse,Qui, sous l'humble dehors d'un respect affecté,Cache le noir venin de sa malignité Boileau, Sat. IX
    • Ou plutôt n'est-ce point que sa malignitéPunit sur eux l'appui que je leur ai prêté ? Racine, Brit. I, 1
    • Peut-être, par la malignité de la pauvre nature humaine, remplie de faiblesse en bien des choses, serions-nous assez aises, tant que nous sommes ici, de bien faire de notre côté, et que nos camarades ne fussent pas si heureux du leur, et, par cette raison, on ne se donnerait les uns aux autres les assistances assez promptes Lettre de Luxembourg à Louvois, dans Revue des Deux-Mondes, 1er fév. 1862, p. 629
    • Le voile de la modestie cache le mérite, et le voile de l'hypocrisie cache la malignité La Bruyère, XII
    • D'autres furent assez perfides pour confondre les défauts avec les vices, et le mérite avec le ridicule : espions dans la société, délateurs sur le théâtre, ils livrèrent les réputations éclatantes à la malignité de la multitude Barthélemy, Anach. ch. 69
    • Fig. Il se dit de certaines choses. La malignité du sort, de la fortune.

  2. 2Qualité nuisible, dangereuse. Corriger la malignité de l'air.

    • Et parce que les dites vapeurs ont certaine malignité.... Molière, Méd. malgré lui, II, 6
    • Une cuisse et les jambes enflées ; quelle malignité d'humeurs ! Mme de Sévigné, 16 sept. 1677
    • Terme de médecine. Caractère grave et insidieux d'une maladie quelconque. La malignité de certaines fièvres.

    • Fig.

      • Il [Jésus-Christ] trouve pour nous tant de tentations et une telle malignité dans tous les plaisirs, qu'il vient troubler les plus innocents dans ses élus Bossuet, Mar.-Thér.
  3. 3Caractère de celui qui est malin, malicieux.

    • Épigrammes de Martial : l'homme aime la malignité ; mais ce n'est pas contre les borgnes ou les malheureux, mais contre les heureux superbes Pascal, Pens. VI, 53, éd. HAVET.
    • Étourdi, badin, malin, mais d'une malignité gaie J.-J. Rousseau, Confess. VI

Étymologie

Provenç. malignitat ; espagn. malignidad ; ital. malignità ; du lat. malignitatem, qui vient de malignus, malin.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander