maltôte s. f. (mal-tô-t')
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1Impôt levé sous Philippe le Bel, pour la guerre contre les Anglais.
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2Perception d'un droit qui n'est pas dû.
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3Toute espèce de perception d'impôts.
Le roi a envoyé dix compagnies du régiment des gardes à Angers, pour y vivre à discrétion, à cause de quelque maltôte que l'on y a voulu imposer, et qu'ils n'ont pas voulu souffrir
GUI PATIN, Lettres, t. II, p. 262Ils [les séditieux] le cherchaient [le chancelier] pour immoler, se disaient-ils, cette âme vénale, ce protecteur des maltôtes
La Rochefoucauld, Mém. 31Je suis bien aise d'avertir le lecteur qu'il y a quantité de pièces impertinentes qu'on fait courir sous mon nom, et entre autre une satire contre les maltôtes ecclésiastiques
Boileau, Épîtres, Au lecteur.On y avait mis cette maxime [dans un mémoire envoyé à Rome] : " Le clergé doit contribuer aux charges de l'État, quoi qu'en dise l'Ancien Testament ; " on en conclut que l'auteur entendait mieux le langage de la maltôte que celui de la religion
Montesquieu, Esp. XXV, 5L'art de la maltôte est toujours inventé après coup et lorsque les hommes commencent à jouir de la félicité des autres arts
Montesquieu, ib. XXX, 12Ce livre [l'Esprit des lois], plein de grandes vues, attaque la tyrannie, la superstition et la maltôte, trois choses que les hommes détestent
Voltaire, Dict. phil. Esprit des lois.
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4Le corps des maltôtiers.
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5Autrefois nom donné au bateau d'octroi sur la Seine à Paris, dit aujourd'hui patache.
Remarque
1. Maltôte n'est plus employé comme terme d'administration. Il ne sert plus que comme terme historique ou expression de dénigrement appliquée aux impôts. 2. Dans maltôte, l'accent circonflexe représente l'l d'étymologie (maltolte).
Étymologie
Bas-latin, mala tolta, de malus, mauvais, et tolta, prise, de tollere, enlever (voy. TOLLÉ). La forme maletote montre que c'est mala tolta et non male toltus.