martel s. m. (mar-tèl)
-
1Au propre, marteau, usité seulement dans le nom propre Charles Martel, Charles qui martela les Sarrasins.
-
2Fig. Inquiétude, ombrage, souci.
Qu'il fasse mieux, ce jeune jouvencel [Scudéry], à qui le Cid donne tant de martel
Corneille, Rondeau.Que dites-vous du billet que j'ai écrit à M. Eutrope, pour lui donner martel en tête, et traverser votre amant dans ses nouvelles amours ?
HAUTEROCHE, le Coch. 7- Je ne vois point encore, ou je suis une bête,Sur quoi vous avez pu prendre martel en tète Molière, Le Dép. I, 1
- Lorsque, prise pour dupe, elle a martel en tête Thomas Corneille, Galant doublé, III, 1
Étymologie
Marteau, dont martel était le cas régime dans l'ancien français. L'inquiétude, le souci est ici comparé à un marteau qui frappe la tête ; comparez avoir un coup de marteau, et marteler. M. Fr. Michel y voit une corruption de martin, qui était le nom de l'âne : avoir martin ou martel, serait avoir un âne, un dada, une manie ; rien n'appuie cette conjecture.