Réglages

Mémorisé dans ce navigateur.

Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

martyre dans le Littré

2 articles· 47 citations· rimes· synonymes· étymologie· traductions· prononciation

1martyre s. m. (mar-ti-r')

  1. 1La mort ou les tourments endurés pour la religion chrétienne.

  2. 2Par extension, souffrance très intense.

  3. 3Fig. Toute sorte de peine d'esprit.

  4. 4Martyre d'amour, ou, simplement, martyre, souffrances qu'éprouve un amant.

Étymologie

Provenç. martyri ; esp. et ital. martirio ; du lat. martyrium, de martyr.

2martyr, yre s. m. et f. (mar-tir, ti-r')

  1. 1Celui, celle qui a souffert des tourments ou la mort pour soutenir la vérité de la religion chrétienne.

    • Allons à nos martyrs donner la sépulture Corneille, Poly. V, 6
    • Falconille idolâtre, qu'on veut avoir été rachetée des peines éternelles par l'intercession de sainte Thècle, première martyre du christianisme LAMOTHE LE VAYER, Vertu des païens, I, État de la grâce.
    • La mort des martyrs était pour plusieurs une semence de la vie, selon la parole d'un ancien NICOLE, Ess. mor. 3e traité, ch. 5
    • S'il n'y avait qu'une religion, Dieu y serait bien manifeste ; s'il n'y avait des martyrs qu'en notre religion, de même Pascal, Pens. XI, 5, éd. HAVET.
    • L'exemple de la mort des martyrs nous touche ; car ce sont nos membres ; nous avons un lien commun avec eux : leur résolution peut former la nôtre Pascal, ib. XXIV, 22
    • Après que les bienheureux martyrs avaient rendu l'âme, les fidèles avaient soin de ramasser, au péril de leur vie, ce qui restait de leurs corps Bossuet, Panég. St Gorgon.
    • D'abord il [Dioclétien] commande au saint martyr de sacrifier aux idoles ; mais Gorgon le refuse généreusement, disant qu'il n'a garde de rendre cet honneur à un métal insensible Bossuet, ib.
    • Les saints martyrs de Lyon et de Vienne endurèrent des supplices inouïs, à l'exemple de saint Pothin leur évêque âgé de 90 ans Bossuet, Hist. I, 10
    • Le sang qu'a répandu ce généreux martyr [saint Livier], l'honneur de la ville de Metz, pour la gloire de Jésus-Christ Bossuet, Gornay.
    • Non, si vous voulez rendre la religion chrétienne aimable, ne parlez jamais de martyrs ; nous en avons fait cent fois plus que les païens Voltaire, Philos. Conseils à M. Bergier.
    • Songe au moins, songe au sang qui coule dans tes veines !...C'est le sang des martyrs.... Voltaire, Zaïre, II, 3
    • Tes frères, ces martyrs égorgés à mes yeux,T'ouvrent leurs bras sanglants, tendus du haut des cieux Voltaire, ib. II, 3
    • Et tu vivras fidèle ou périras martyre Voltaire, ib. III, 4
    • Je veux raconter les combats des chrétiens et la victoire que les fidèles remportèrent sur les esprits de l'abîme par les efforts glorieux de deux époux martyrs Chateaubriand, Martyrs, I
    • Ère des martyrs, ère qui commence à l'avénement de Dioclétien.

    • Martyr désigné, celui qui devait souffrir le martyre. Martyr consommé, celui qui a souffert la mort pour la cause de la religion. Martyr avéré, celui qui a été reconnu pour martyr par un jugement canonique, en conséquence duquel l'Église lui a décerné un culte public.

    • Le commun des martyrs, au propre et au fig. (voy. COMMUN, n° 12).

  2. 2Par extension, celui ou celle qui souffre pour une religion quelconque, pour ses opinions. Le mahométisme a eu ses martyrs.

    • Le vrai martyr attend la mort, l'enthousiaste y court Diderot, Pens. philos. n° 39
  3. 3Celui, celle qui souffre beaucoup. Il est le martyr de la gravelle, de la goutte. Cette opération le fera mourir martyr.

    • Fig. Être le martyr de quelqu'un, souffrir beaucoup de ses mauvais traitements, etc.

    • On dit, dans un sens analogue, faire de quelqu'un son martyr.

    • Être le martyr de ses passions, en souffrir beaucoup d'inconvénients.

      • Tyran de la société et martyr de son ambition, il [l'homme livré à la cour] a une triste circonspection dans sa conduite et dans ses discours.... La Bruyère, VIII
      • Nous devenons les martyrs de nos propres chimères Massillon, Panég. St Étienne.

Étymologie

Provenç. martyr ; espagn. martir ; ital. martire ; du lat. martyr ; du grec μάρτυρ, témoin. Martre, dans St Bernard, est la forme française régulière de martyr, qui a l'accent sur mar, forme conservée dans Montmartre, mons martyrum. Μάρτυρ appartient à la grande racine mar, smar, dont il sera question à MÉMOIRE.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander