masquer v. a. (ma-ské)
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1Masquer quelqu'un, le déguiser en lui mettant un masque sur le visage.
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Dans un sens plus étendu. Masquer quelqu'un, le déguiser en lui mettant, outre le masque, des habits qui empêchent de le reconnaître.
Ils ne sont pas masqués d'habits extraordinaires
Pascal, Imag. 2, éd. FAUGÈRE.
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Fig. Masquer, couvrir la joue avec la main, donner un soufflet.
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2Terme de marine.
Un coup de vent masque un navire, quand, changeant tout d'un coup cap pour cap, il le frappe par devant. Le vent change tout d'un coup cap pour cap ; le navire est masqué par une épouvantable rafale et forcé de culer entre une mer horrible
Presse scientifique, t. II, p. 417
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En ce sens, masquer est neutre aussi. Le navire masque.
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Orienter une voile de telle sorte qu'elle reçoive le vent sur la face antérieure et qu'elle s'applique sur le mât qui la porte. Masquer un mât, c'est le couvrir ainsi de la toile de sa voile.
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Par extension, quand on met la voile contre le mât, on dit qu'on la masque.
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Par une autre extension encore, on dit du navire qu'il est masqué, quand un ou plusieurs de ses mâts sont masqués par les voiles.
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Absolument. On masque pour modérer la course d'un bâtiment, pour le faire arriver ou loffer.
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3Par extension, couvrir, cacher une chose de manière à en ôter la vue. Il a élevé un mur qui masque ma maison.
La charrue qui le masque [un bœuf, dans un tableau] n'en laisse voir que la tête et les cornes
Diderot, Salon de 1767, Œuvr. t. XIV, p. 443, dans POUGENS
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Terme de guerre. Masquer une batterie, placer des troupes ou élever un ouvrage devant une batterie pour que l'ennemi ne la voie pas.
Traînant entre les rangs ses tonnerres affreux Que masquent en tous sens des bataillons nombreux
Delille, Par. perdu, VI
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On dit dans le même sens : masquer un mouvement.
L'empereur avait masqué son mouvement par le corps de Ney et les débris de la cavalerie de Murat
Ségur, Hist. de Nap. IX, 1
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Terme de marine. Masquer le vent, l'intercepter.
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4Terme d'imprimerie. Se dit lorsque l'on colle du papier sur une partie de la frisquette, afin que les pages correspondantes de la forme ne s'impriment pas sur la feuille.
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5Fig. Masquer une odeur par une autre, répandre une odeur qui dissimule l'odeur dont on est blessé. Le sucre brûlé masque les odeurs fétides.
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6Fig. Cacher quelque chose sous de fausses apparences.
Masquer la nature et la déguiser
Pascal, Pens. VII, 20, éd. HAVET.- Mais bien que d'un faux zèle ils masquent leur faiblesse Boileau, Disc. au roi.
C'était une paix d'ostentation, elle masquait les dehors
Massillon, Avent, Noël.Les chats ont un naturel pervers que l'éducation ne fait que masquer
Buffon, Morceaux choisis, p. 132Ils enveloppèrent leur science ou plutôt leur ignorance des ombres du mystère ; ils ne parlèrent que par des énigmes, des symboles, des allégories et des fables dont ils se servirent pour masquer beaucoup d'erreurs et très peu de vérités
D'HOLBACH, Essai préj. ch. XI, dans DUMARSAIS, Œuvr. t. VI, p. 248
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7V. n. Aller en masque.
Ce blondin.... Qu'avec tant de plaisir vous aviez remarqué Au bal, toutes les fois que vous aviez masqué
MONTFLEURY, la Dame médecin, I, 1
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Fig. N'être pas ce que l'on paraît.
Ménophile emprunte ses mœurs d'une profession, et d'une autre son habit : il masque toute l'année, quoiqu'à visage découvert
La Bruyère, VIII
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Il n'est plus guère usité en cet emploi.
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8Se masquer, v. réfl. Se couvrir le visage d'un masque.
- Allons donc nous masquer avec quelques bons frères Molière, l'Ét. III, 7
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Fig.
- Je veux que l'on soit homme et qu'en toute rencontreLe fond de notre cœur dans nos discours se montre,Que ce soit lui qui parle, et que nos sentimentsNe se masquent jamais sous de vains compliments Molière, Mis. I, 1
Je fais excuse d'être si littéral, mais le mot ne peut se masquer
Saint-Simon, 202, 196
Étymologie
Masque 2.