Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

mensonge dans le Littré

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mensonge s. m. (man-son-j')

  1. 1Discours contraire à la vérité, tenu avec dessein de tromper.

    • Mensonge innocent, mensonge sans conséquence, qui ne peut nuire à personne.

    • Mensonge officieux, mensonge fait dans l'intention d'être utile ou agréable à quelqu'un.

      • Ne fût-ce que pour réparer le mensonge officieux de votre ami Mme de Maintenon, Lett. à la mar. d'Albret, 1664, t. I, p. 34, dans POUGENS.
      • Ce qu'on appelle mensonges officieux sont de vrais mensonges, parce qu'en imposer à l'avantage soit d'autrui, soit de soi-même, n'est pas moins injuste, que d'en imposer à son détriment J.-J. Rousseau, 4e prom.
    • Fig. et familièrement. Un mensonge puant, un puant mensonge, un mensonge évident et grossier.

    • Le champ du mensonge, lieu en Alsace où Louis le Débonnaire fut trahi par ses fils, en 833.

  2. 2Particulièrement. Une fausse doctrine religieuse.

    • Dans le langage de l'Écriture, l'esprit du mensonge, le père du mensonge, le diable.

  3. 3Poétiquement. Fable, fiction. La poésie vit de mensonges.

  4. 4Erreur, illusion, vanité.

Remarque

Mensonge, féminin dans le début, a commencé à devenir indifféremment masculin et féminin dans le XVIe siècle et même plus tard ; aujourd'hui il n'est plus que masculin.

Synonymes

1. MENSONGE, MENTERIE., Ces deux mots, qui ne diffèrent que par le suffixe, sont très sensiblement synonymes ; mais l'emploi n'en est pas le même. Menterie appartient au style familier, et mensonge est de tous les styles : c'est pourquoi mensonge seul se dit figurément dans le style élevé. 2. FAIRE UN MENSONGE, DIRE UN MENSONGE., Ces deux expressions sont synonymes, et, ici, faire n'a que le sens de dire, bien que Roubaud ait voulu les distinguer, en prétendant que dire un mensonge, c'est le proférer, et faire un mensonge, le composer.

Étymologie

Provenç. mensonga, mensonja, messonga, messonja, messorga ; anc. cat. mensongia ; ital. menzogna. Dérivation irrégulière du verbe mentir. Il y a deux formes : dans mençoigne, menzogna, vu la finale semblable à vergoigne, vergogna, du latin verecundia, la finale représente undia ; dans mensonge, féminin, vu la finale semblable à chalonge, qui est le latin calumnia, la finale onge représente umnia ; telle est la valeur de ces suffixes ; maintenant, comment se sont-ils agencés à mentir ? On ne le sait.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander