Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

menteur dans le Littré

1 article· 21 citations· rimes· synonymes

menteur, euse adj. (man-teur, teû-z')

  1. 1Se dit des personnes qui mentent.

    • Les lèvres menteuses sont en abomination au Seigneur Saci, Bible, Prov. de Salom. XII, 22
    • Des prophètes menteurs la troupe confondue Racine, Athal. I, 1
    • L'homme est né menteur La Bruyère, XVI
    • Toutes les passions sont menteuses La Bruyère, IV
    • Ces oracles menteurs d'un temple méprisable Voltaire, Sémiramis, II, 4
    • Menteur comme tous les gens d'esprit, qui ne balancent guère à supprimer ou à ajouter une circonstance légère à un fait lorsqu'il en devient plus comique ou plus intéressant Diderot, Opin. des anc. philos. (Pyrrhoniens).
    • Mentir pour son avantage à soi-même est imposture, mentir pour l'avantage d'autrui est fraude, mentir pour nuire est calomnie, c'est la pire espèce de mensonge ; mentir sans profit ni préjudice de soi ni d'autrui n'est pas mentir : ce n'est pas mensonge, c'est fiction J.-J. Rousseau, 4e prom.
    • Celui qui ne peut faire un mensonge qu'en rougissant n'est point encore menteur Mme de Genlis, Ad. et Théod. t. I, p. 44, dans POUGENS
    • Familièrement. Menteur comme un arracheur de dents, homme qui dit beaucoup de mensonges ; locution tirée de ce que l'arracheur de dents promet à ses pratiques de ne pas les faire souffrir.

    • On dit dans le même sens : menteur comme une épître dédicatoire, comme un panégyrique ; menteur comme un valet, comme un laquais.

      • Il était menteur comme un valet Scarron, Rom. com. I, 8
    • Terme de chasse. Chien menteur, celui qui cèle la voie pour gagner le devant, ou qui crie à faux.

    • Dans l'Écriture, tout homme est menteur, c'est-à-dire tout homme est sujet à tromper.

      • Je suppose néanmoins que le livre qui fait mention de César, ne soit pas un livre profane écrit de la main des hommes qui sont menteurs La Bruyère, XVI
  2. 2Il se dit aussi des choses dont on compare l'apparence trompeuse à un mensonge.

    • Argument menteur, argument des sophistes grecs, par lequel on prétendait démontrer qu'il n'y a point d'évidence réelle ; on le présentait sous cette forme : Épiménide dit que les Crétois sont menteurs ; or Épiménide est Crétois, donc il a menti, et les Crétois ne sont pas menteurs ; mais si les Crétois ne sont pas menteurs, Épiménide étant Crétois a dit vrai, etc.

  3. 3S. m. et f. Menteur, menteuse, celui, celle qui ment, qui a l'habitude de mentir.

    • Un menteur est toujours prodigue de serments Corneille, le Ment. III, 5
    • Et même qui mentirait Comme Ésope et comme Homère, Un vrai menteur ne serait La Fontaine, Fabl. IX, 1
    • Il faut parler, mes pères, il faut le nommer, ou souffrir la confusion de n'être plus regardés que comme des menteurs indignes d'être jamais crus Pascal, Prov. XVI
    • C'était la plus intrépide menteuse que j'aie connue Marivaux, Pays. parv. 2e part.

Proverbes

Il faut qu'un menteur ait bonne mémoire, c'est-à-dire une bonne mémoire lui est indispensable pour qu'il ne se coupe pas, ne se contredise pas. On attrape plus vite un menteur qu'un voleur, c'est-à-dire les mensonges se découvrent facilement.

Étymologie

Provenç. mentire, mentidor ; ital. mentitore ; du lat. fictif mentitorem, dérivé de mentiri, mentir. Le provençal mentire, le français mentiere est le nominatif, de mentitor, avec l'accent sur ti ; mentidor, menteor est le régime, de mentitorem, avec l'accent sur to.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander